ESPACE: espace physique et espace mental



J’ai récemment suivi un cours avec l’un de mes professeurs, Rodney Yee. J’ai adoré la façon dont il insistait sur l’importance de recevoir le souffle plutôt que de le forcer ou de le travailler trop pendant la pratique.
Le souffle est absolument incroyable. Si je pouvais citer une seule raison, ce serait que c’est la force, l’énergie qui nous maintient en vie. Et juste pour cette unique raison, nous devrions accorder un peu plus d’attention à la respiration!
La respiration est également extraordinaire car nous n’avons pas à penser à respirer; cela se produit automatiquement mais en même temps, on a le contrôle de notre respiration: on peut l’approfondir, l’allonger, la ralentir, la retenir …
Notre souffle est également incroyable car il a un impact sur notre mental et nos émotions. Je suis sûre que vous avez remarqué lorsque vous vous sentez anxieux, stressé ou que vous avez peur, la respiration est peu profonde et plus rapide et lorsque vous êtes apaisé, calme; le souffle est plus long, plus lent.
Tant de choses peuvent être dites sur la respiration …

Mais revenons à ce concept d’inviter le souffle et de le laisser faire.
Lors d’une pratique de yoga postural, il est très facile d’exagérer et de travailler la respiration. Et parfois, nous voulons cela; par exemple, si nous travaillons sur un pranayama (exercice de respiration) spécifique ou une posture qui nécessite un certain schéma de respiration.
Mais qu’en serait-il si, comme le disait Rodney, nous recevions simplement le souffle? C’est quelque chose que j’enseigne dans le yoga reposant où il s’agit de lâcher tout contrôle et efforts, mais ce n’est pas quelque chose que j’enseigne dans mes cours réguliers.
Cela revient à cette idée de créer suffisamment d’espace dans le corps pour permettre à la respiration de circuler librement et profondément au lieu d’essayer de trop la modifier.
Rodney a pris l’exemple d’un ami qui vient vous voir chez vous et pour pouvoir s’asseoir à côté de vous sur le canapé, cette personne doit enjamber tout le bazar qui est au sol et contourner tous les meubles qui sont au milieu du chemin. Non, à la place, vous rangeriez votre appartement avant de recevoir votre ami afin qu’il se sente le bienvenu. C’est le même concept avec la respiration, comment pouvons-nous créer suffisamment d’espace dans le corps pour que la respiration ne rencontre aucune restriction?

En réfléchissant à cette idée, je me suis rendue compte que c’est un concept extrêmement important dans tous les aspects de notre vie: créer de l’espace physiquement, mentalement pour que les choses viennent organiquement au lieu de trop travailler, d’analyser, d’être obsédé par une situation.
C’est en fait quelque chose que jutilise beaucoup dans ma vie. Chaque fois qu’une situation stressante et anxiogène survient, je me demande: ai-je un contrôle sur cette situation?
Parfois oui, et dans cette hypothèse, je fais tout ce que je peux pour améliorer la situation dans laquelle je me retrouve; mais à d’autres moments (et ils s’avèrent être la plupart du temps!), je n’ai aucun contrôle sur la situation. Alors, dans ce cas, je crée mentalement de l’espace autour de cette situation et la laisse se dérouler d’elle-même.

Un exemple récent approprié est la procédure de la carte verte dans lequel mon mari et moi sommes engagés.
Même si nous avons commencé nos démarches il y a plus de 18 mois et que nous avons été approuvés rapidement, nous avons appris le mois dernier seulement que nous sommes de nouveau autorisés à voyager à l’étranger (pendant la procédure, on doit rester sur le territoire américain). Chaque mois, nous attendions de recevoir des nouvelles de notre avocate pour savoir si nous pouvions accéder à la deuxième phase de la procédure qui accorde le droit de voyager. Ne pas savoir quand cela arriverait;  car nous n’avions littéralement aucune idee de la durée; cela pouvait être un mois comme des années, était très stressant. Mais dans cette exemple spécifique, je n’avais aucun contrôle de la situation, alors à quoi bon obséder? J’ai dû créer mentalement de l’espace autour de cela et, comme on dit dans le monde du yoga, « me laisser porter par le courant ».

Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous avez quelque chose en tête ou que vous apprenez une nouvelle chose, tout d’un coup, vous voyez ou entendez cette chose partout?
Et bien, l’autre jour, j’écoutais un podcast français que j’ai récemment découvert et que j’aime beaucoup appelé « Vlan » (podcast de Gregory Pouy). Il y interviewait Perla Servan Schreiber qui est une auteure française (son dernier livre parle de la joie de vieillir: « Les promesses de l’âge: A 75 ans, ma nouvelle liberté ») et lui demandait, entre autre, son secret du bonheur: Justement, elle disait que son secret est de : « ne pas essayer de changer ce qui ne dépend pas de nous. » 
Elle ajouta que plus nous faisons cela, et plus nous trouvons de la joie.

Il s’avère qu’il existe un texte religieux rédigé par le théologien américain Reinhold Niebuhr (que vous connaissez peut-être) appelé la Prière de la Sérénité qui, elle aussi, dit la même chose et est pleine de sagesse:
« Dieu, accorde-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer,
Le courage de changer les choses que je peux,
Et la sagesse de faire la différence entre les deux. « 
La sagesse de faire la différence entre les deux est ce qui est de plus important afin que nous ne nous épuisons pas en obsédant sur des situations qui ne dependent pas de nous. Ainsi l’esprit peut se sentir libre, à l’aise et nous pouvons utiliser notre énergie pour ce qui nous rend heureux.

Que ce soit avec le souffle ou l’esprit, puissions-nous créer un espace autour d’eux pour que les choses viennent plus naturellement sans effort excessif.

Comme toujours, merci de me lire.
Namaste,

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