Archives de catégorie : Réflexion

ICI. MAINTENANT.

Depuis 15 ans que j’étudie le yoga, j’ai entendu et lu ces deux mots « ICI MAINTENANT », des centaines de fois voire plus. Ils représentent une importante partie de la philosophie du yoga, si ce n’est son intégralité, si nous devions résumer ce qu’est la discipline du yoga.
Mais ce n’est que récemment que ces mots ont pris tout leur sens. Et même aujourd’hui, je me demande s’ils ont pris tout leur sens ou si je les comprends simplement mieux et peut-être que dans cinq ans, j’aurai une autre épiphanie qui les rendra encore plus pertinents.
C’est toujours très intéressant pour moi d’observer comment nous pouvons comprendre intellectuellement des notions ou des concepts, mais arriver à les vivre pleinement dans notre corps, dans notre cœur, est une autre histoire. Très souvent, nous sommes rapides à juger et nous pensons que nous savons, mais savons-nous vraiment? Avons-nous réellement ressenti dans nos cellules, dans nos tripes, dans notre cœur, le concept en question ou la situation que la personne traverse?

Mon mari et moi avons fait il y a quelques années des cycles de FIV (Fécondation In Vitro) pour essayer d’avoir un enfant. Et ce, malheureusement sans succès. C’est une histoire pour un autre blog et je partagerai certainement mon expérience à un moment donné si elle peut aider certains d’entre vous.
Pendant ce processus, la plupart des gens étaient compréhensifs avec moi, et cependant, je pouvais ressentir qu’ils ne pouvaient pas comprendre pleinement ce que je traversais. Certaines personnes ont plus de compassion que d’autres, alors leurs commentaires et leur soutien ont été très réconfortants et utiles, mais j’ai aussi entendu des commentaires qui ont été extrêmement blessants.
Comment peuvent-ils être offensants alors qu’ils essayaient de me réconforter?
Parce qu’ils n’ont pas vécu cette expérience; dans leur esprit, dans leurs pensées, dans leur corps, dans leur cœur. Donc, même s’ils essayaient, ils ne pouvaient pas vraiment comprendre.
J’ai appris beaucoup de choses de cette période que je partagerai à un autre moment, mais l’une d’entre elles est que; si vous n’avez pas vécu la situation en question, c’est vraiment difficile de se mettre à la place de la personne. Vous pouvez avoir de l’empathie et de la compassion et je pense en avoir si je juge à quelle fréquence les scènes du quotidien (heureuses ou tristes) ou les films, les documentaires (heureux ou tristes) me touchent et me font pleurer. Mais si on a pas connu la même expérience, c’est très délicat de se rendre compte et pourtant, la plupart d’entre nous pense que nous savons.
Si souvent nous formons rapidement un avis, surtout en ce qui concerne des questions de race ou de sexe. Mais est-ce que nous nous sommes vraiment mis à la place de la personne?

Récemment, une de mes élèves que j’aime tant a soudainement perdu son mari. Mon cœur a eu très mal pour elle et souffre toujours de cette perte innattendue. Nous avons pleuré ensemble, nous avons parlé et j’ai fait de mon mieux pour la réconforter. Même si je pouvais avoir une idée de ce qu’elle pouvait ressentir et traverser, je suis loin de pouvoir concevoir la réalité de sa vie quotidienne parce que je n’ai jamais vécu une telle situation.
Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire que parce que je n’ai pas vécu une telle situation, je ne devrais pas essayer de comprendre ce qu’elle ressent et faire de mon mieux pour être à son service, je dis simplement que je ne comprendrai jamais complètement ce qu’elle traverse quand je ne l’ai pas moi-même vécu. Et bien sûr, pour compliquer les choses, nous vivons tous les expériences différemment.

Je suis désolée de parler de ces sujets intenses, mais ils font partie de la vie et devraient faire l’objet de discussions plus fréquentes afin que nous puissions être mieux équipés pour y faire face.

Revenons à « Ici Maintenant ». Vous vous dites peut-être: quoi?? En tant que professeur de yoga, elle n’a jamais connu le fait d »être « Ici Maintenant » ?? !!
Bien sûr que si. En fait, je le ressens souvent pendant ma journée et surtout quand: je médite (bien que certaines séances soient plus difficiles que d’autres) et quand j’enseigne (je dois être pleinement présente avec mes élèves).
Mais ce n’est qu’une petite partie de ce que « Ici Maintenant » signifie. Oui, je peux être dans l’ « Ici Maintenant » pour certaines parties de ma journée et je suppose que c’est mieux que jamais mais qu’en est-il du reste du temps?
Le reste du temps, très probablement comme vous, j’ai des doutes, des angoisses, des craintes qui profitent du fait que je ne suis pas dans l’ « Ici Maintenant ».
Ce que j’ai réalisé en écoutant un podcast sur le sujet, c’est que je suis peut-être stressée, anxieuse, par rapport à une situation spécifique qui se passe actuellement dans ma vie, mais qu’en est-il d’ « ICI MAINTENANT »?

Eh bien, si je regarde bien et suis honnête avec moi-même, « Ici Maintenant », je vais bien. Je suis par exemple peut-être en train de prendre un cours de yoga ou un repas avec une amie ou de me détendre à la maison. Mon esprit essaie de m’eloigner de ce moment présent alors qu’en fait, à ce moment précis, tout va bien.
Pour moi, cette réalisation est très importante car la plupart du temps, je vais très bien et ma vie est belle. Mon esprit veut parfois m’emmener dans une autre voie et me convaincre du contraire; que je serais mieux si j’avais un enfant ou si j’avais une meilleure stabilité financière … mais « Ici Maintenant », à ce moment précis, je vais bien: je suis en bonne santé, j’ai des étudiants qui m’aiment, j’aime mon travail, je suis une fille française qui habite à New York (rien que dans cette phrase, je me sens si privilégiée), j’ai un mari qui m’aime, la liste est en fait longue. Plus longue que la liste de mes doutes et de mes angoisses, mais parfois, cette dernière semble sans fin.

Alors, chaque fois que je sens mon esprit partir dans tous les sens, je reviens à ces mots « ICI MAINTENANT ». Je les laisse me pénétrer et je veux les vivre pleinement. Ils m’aident à me recentrer, à m’enraciner, à avoir une meilleure perspective de ma vie plutôt que d’amplifier la situation négative sur laquelle je me concentre.

Et peut-être que dans 10, 20, 30 ans je pourrai être « ICI MAINTENANT » tout le temps et finalement habiter complètement ce concept.
C’est sans aucun doute un processus et un chemin et je suis reconnaissante d’en faire partie.

Comme toujours, merci de me lire.
Namaste,

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Sûtras, partage et émotions

Il y a quelques semaines, j’ai fini d’enseigner une formation de professeurs de yoga à Strasbourg. Le dernier jour, alors que nous faisions un cercle de clôture très émouvant pour terminer notre formation, j’ai demandé aux élèves de me dire quel sûtra avait eu le plus de résonance avec eux.
Pendant la formation, nous étudions et discutons les Yoga Sûtras de Patanjali, un livre décrivant la philosophie du yoga. C’est un texte qui essaie de répondre à comment fonctionne notre esprit et comment être moins affecté par nos pensées afin que nous puissions trouver l’état de yoga dans nos vies; un état de sérénité. Il s’agit d’une approche très méthodique; qui nous donne des outils pratiques pour nous aider sur notre chemin spirituel.
Un sûtra est un court aphorisme.

Aparté: pour ceux d’entre vous qui ne le savent peut-être pas, la pratique physique (ce que nous appelons le yoga mais qui devrait en fait s’appeler asana) n’est que la partie émergée de l’iceberg représentant le yoga. Les asanas sont seulement l’un des 8 membres du yoga, les 7 autres ont à voir avec nos relations avec les autres, avec nous-mêmes, avec la respiration et avec l’esprit.

Il y a souvent beaucoup d’émotions pendant la formation et le cercle de clôture. L’intensité des journées mais aussi les découvertes que les élèves font sur eux-mêmes physiquement et mentalement font toujours ressortir beaucoup de sentiments. Les émotions sont également très palpables en raison de la forte et profonde connexion que les élèves créent les uns avec les autres au cours de ces semaines. C’est si beau à voir.
J’ai moi-même suivi ma formation il y a plus de dix ans et au jour d’aujourd’hui, deux des personnes que j’y ai rencontrées sont toujours de très bonnes amies.

Alors que j’écoutais chaque élève expliquer quel sûtra l’avait le plus touché, j’étais fascinée de voir à quel point les sûtras avaient eu une expérience très profonde sur chacun d’entre eux.
Cela me rend si heureuse parce que je me souviens à l’époque comme ils avaient eu un profond impact sur moi. J’ai découvert les sûtras quand j’étudiais le yoga en Inde et ils ont touché l’intérieur de mon être même si je n’arrivais pas à tout comprendre. Et maintenant, chaque fois que je les lis, il y a quelque chose d’autre qui attire mon attention et qui m’aide à devenir une meilleure personne.
Chaque élève présentait des sûtras différents, ce qui était encore plus excitant car cela signifiait qu’ils avaient résonné profondément avec eux et laissé une trace personnelle.
Mon tour est venu et deux choses me sont venues à l’esprit à ce moment-là.

D’abord, le Sûtra 2.14 qui explique que notre bonheur dépend de nous-mêmes. Dans le commentaire anglais de Swami Satchidananda, il est dit: « Une vie heureuse ou malheureuse est votre propre création. Personne d’autre n’est responsable. Vous êtes votre meilleur ami ainsi que votre pire ennemi ».
Dans le passé, j’avais l’habitude de blâmer les autres ou mes circonstances pour ma situation. C’est tellement facile de mettre le blâme ou la faute sur quelque chose d’autre ou quelqu’un d’autre. De cette façon, nous n’avons pas à faire face à la situation parce que ce n’est pas de notre faute. Je pense que pour moi, cela a commencé par un manque de conscience, aussi par un manque de confiance et très probablement comme un moyen de mettre le fardeau sur les épaules de quelqu’un d’autre. C’est en quelque sorte un acte lâche puisque nous préférons endurer la situation plutôt que de prendre les mesures nécessaires pour la modifier. Ce que les yoga sûtras m’ont appris, c’est que les circonstances ne seront peut-être pas parfaites, il y aura toujours des situations difficiles mais même si je n’ai pas le contrôle sur ces situations, j’ai toujours le contrôle de mes réactions. Cela peut sembler très mince mais c’est en fait énorme.
Nous avons tous été dans un cercle vicieux de négativité et plus nous ajoutons du blâme ou du feu sur la situation, plus elle s’envenime.
Alors que si je suis capable d’adapter ma réaction à la situation et de prendre la responsabilité de ma situation, j’ai maintenant le pouvoir de faire un changement. Je prends le contrôle.
Je ne prétends pas que c’est une tâche facile; c’est extrêmement difficile et demande beaucoup de courage, mais la vision globale de la situation sera complètement changée et cela est un pas considérable dans la bonne direction.

La deuxième chose qui me vint à l’esprit lors de la cérémonie de clôture fut les concepts de Purusha et de Prakriti qui sont beaucoup traités dans plusieurs sutras. Prakriti est vu comme la Nature avec un N majuscule; ce qui signifie tout ce qui nous entoure (la nature, les bâtiments, l’intérieur de notre maison …) et nous également. Purushase réfère à l’âme, à la conscience pure.
La Nature change toujours; la seule constante est, en fait, le changement. Les 4 saisons, le ciel, nos meubles, nos vêtements, nos corps, nos pensées … tout est en évolution perpétuelle.
D’un autre côté, Purusha ne change jamais, cela reste immuable.
Pour moi, ces deux concepts sont très utiles pour m’aider à passer les moments difficiles que je peux rencontrer. Le fait de savoir que tout est toujours en fluctuation et que rien ne dure m’aide à revenir au moment présent (le seul moment dont nous avons vraiment le contrôle) au lieu de laisser mon esprit s’enfoncer dans le futur inconnu et inquiétant. Quelle que soit la situation de ce moment, elle peut être complètement différente demain si je prends le temps de la laisser être et de trouver des solutions.
Je trouve aussi cela très beau et si précieux de savoir que notre corps n’est qu’un véhicule dans cette vie. Il est la maison de notre âme, de notre moi le plus pur. Et notre travail ici, si nous sommes prêts à le faire, est de découvrir ce bijou précieux.

Je vous laisse avec une de mes citations préférées sur le yoga par Donna Farhi:
« Le yoga est le processus de déconstruction de toutes les barrières que nous avons érigées qui nous empêchent d’avoir des liens authentiques avec nous-mêmes et avec le monde. »

Namaste,

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Méditation et Courage

Il y a 6 ans, j’ai fait un pacte avec moi-même que je méditerais 20 minutes quotidiennement. 6 ans plus tard, je peux compter sur les doigts de mes mains le nombre de jours où je n’ai pas fait ma méditation.

J’ai commencé à pratiquer le yoga il y a 15-16 ans et même si je méditais occasionnellement à l’époque, j’avais du mal à me tenir à cette discipline.
Oh les excuses que je trouvais: je suis trop fatiguée pour me réveiller une demie-heure avant mon heure de lever, je suis trop occupée, j’ai trop de choses à l’esprit, je le ferai plus tard, je n’ai pas un espace approprié… honnêtement, je pourrais trouver au moins 10 autres excuses très facilement.

Et pourtant, j’ai médité dans le passé.
Lorsque j’étais en Inde pour étudier le yoga, on méditait au minimum 45 minutes deux fois par jour, lorsque j’ai suivi mes formations de professeurs de yoga à New York, je méditais quotidiennement. J’allais aussi deux fois par semaine à des classes de méditation avec Alan Finger à New York. Même si j’ai eu ces solides expériences, il m’était toujours difficile de m’engager dans cette pratique. Je n’avais aucun problème à m’impliquer et être consistante dans la pratique des asanas, les postures, mais cette pratique de l’esprit était comme insaisissable.
Et ce que je trouve fascinant est que j’ai eu des expériences profondes lorsque j’ai médité avec ces enseignants. Je remarquais aussi que je me sentais plus centrée et moins victime de mes émotions au quotidien et malgré tout, il m’était toujours difficile de m’engager dans cette pratique.

Comment était il possible que j’observais que méditer me faisait énormément de bien et cependant, je ne trouvais pas la volonté de m’y mettre? En parlant à d’autres personnes, j’ai vite réalisé que je n’étais pas toute seule dans ma difficulté. Ce que je me suis rendue compte au fil du temps, est que prendre soin de soi et se développer personnellement est laborieux et demande beaucoup de courage. Oui, du courage!

Courage, car c’est une discipline. Il s’agit de quelque chose que vous devez faire tous les jours afin de créer un changement dans votre vie. Méditer 5 minutes par jour est mieux que de méditer une demie-heure de temps en temps. Mon mari vous dira que je suis une personne qui a de la discipline, du moins quand je le décide mais moi aussi, j’avais du mal à en faire une habitude. Alors voici ce que j’ai fait. Il y a 6 ans, j’ai fait un pacte avec moi-même qu’à partir de ce jour, je méditerai tous les jours, quoi qu’il arrive, pas d’excuses.Je ferai de ma méditation une priorité dans ma vie.
Et parce que je suis une personne de parole, cela a fonctionné. Depuis, je médite 20 minutes tous les matins. Évidemment, cela n’a pas toujours été un processus facile et fluide. S’asseoir en silence et observer ses pensées ou se concentrer sur la respiration est un véritable défi. ll y a eu de nombreux jours où je n’avais pas envie de m’asseoir en silence mais je l’ai fait quand même puisque j’avais conclu ce marché avec moi-même.
Dans la philosophie du yoga, il y a le concept de « tapas ». Je me souviens de la traduction de ma professeur Jenny Aurthur: « la volonté d’endurer de la difficulté dans le but de se transformer ». Ma pratique de méditation est tout à fait cela. Oui, c’est difficile de m’asseoir avec moi-même tous les jours mais je sais et je vois
que cela me fait devenir une personne meilleure et plus centrée. Et pour cela, je suis si reconnaissante.
Après 6 ans, la pratique de méditation est devenue plus facile. Pas facile, mais plus facile. Il toujours délicat de focaliser sur l’objet de méditation mais maintenant, j’ai vraiment envie de m’asseoir et d’avoir ce moment de calme avec moi-même. Cette pratique change le déroulement de ma journée et de ma vie. Elle change, pour le meilleur, la façon dont je me vois, dont je vois les autres et les interactions que j’ai au quotidien.
Et quel cadeau! Cela est si précieux!

Je reviens à la notion de courage. Cela demande également beaucoup de courage car vous vous trouverez nez à nez avec des émotions, des sentiments et des traits de votre personnalité que vous préféreriez certainement éviter plutôt que d’y faire face. Il n’y a pas de chemin facile et le seul chemin est de passer au coeur de tout cela; le bon, le mauvais et l’affreux. C’est un acte très courageux que d’être prêt à regarder votre côté obscur. Mais c’est incroyable de savoir que nous avons la capacité de grandir, de nous développer et de nous guérir nous-mêmes. C’est un processus lent mais avec des résultats vraiment solides.
Et je suis pleine de gratitude à l’égard de cet outil qui m’a beaucoup aidé ces six dernières années.

Nous avons le pouvoir de créer des changements dans notre vie. Je ne sais trop pour quelle raison mais nous tombons souvent dans le piège que les autres savent mieux que nous. Alors qu’il est essentiel d’avoir une communauté autour de nous qui nous inspire et qui nous apporte de l’aide, au bout du compte, le travail doit être fait par nous. Et pour moi, cela représente un acte d’un courage incroyable.
Si nous ne programmons pas notre vie, la vie nous programme.

Voici quelques conseil pour rendre votre engagement plus facile:
– méditer tout de suite après votre lever. Si vous laissez la journée passer, vous trouverez tout un tas d’excuses pour ne pas le faire.
– réveillez-vous 30 minutes plus tôt que d’habitude. Croyez-moi, vous ne vous sentirez pas plus fatigués; à l’inverse, vous vous sentirez plus ancrés et mieux préparés à commencer votre journée.
– ne vérifiez pas vos e-mails et n’allez pas sur les réseaux sociaux avant de méditer. Gardez l’énergie apaisante du matin pour mieux focaliser votre esprit.
– utilisez un chronomètre afin que vous n’ayez pas à ouvrir les yeux pour regarder l’heure.
– méditez assis dans une position comfortable. La position allongée vous donnera envie de vous réendormir!
– concentrez-vous sur votre respiration. Elle est l’objet de votre méditation.
– votre esprit vagabondera. C’est tout à fait normal! Soyez-en conscients le plus rapidement possible et ramenez votre attention sur la respiration.
– méditez quoi qu’il arrive même si vous avez l’impression que vous n’y arrivez pas. La clé est de ne pas abandonner. Je vous promets que cela deviendra plus facile avec le temps. Faites le pour vous, vous en valez la peine.
– et s’il vous plaît, durant ce processus, soyez doux avec vous-même. Ayez de la compassion car vous allez peut-être rencontrer des parties de votre personne avec lesquelles vous êtes en guerre depuis longtemps.

Je vous laisse avec cette citation: « je suis présent pour moi-même de la même façon que suis présent pour quelqun d’autre ». Je ne sais pas qui l’a dit mais elle me parle beaucoup.

Namaste,

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Le Yoga des Relations

Le 12 janvier 2018, 20 ans plus tôt, je rencontrais l’homme qui est devenu mon mari. Moi-même j’ai du mal à croire que nous sommes ensemble depuis si longtemps. Alors c’est vrai ce qu’ils disent: le temps passe vite. Dès que nous nous sommes rencontrés, nous avons vécus ensemble. Et même si nous nous sommes mariés il n’y a que 7 ans (oui, nous avons attendus 13 ans avant de devenir mari et femme!), le 12 janvier est une date pleine de signification pour moi car il apparaît que nous nous sommes engagés l’un envers l’autre ce jour.

Ceci m’a fait réfléchir aux relations, à l’amour et au yoga.
J’ai entendu à plusieurs reprises durant mon éducation de yoga que le yoga le plus difficile est celui des relations humaines et je suis complètement d’accord avec cela. Comme vous le savez peut-être, la pratique du yoga va au-delà de la pratique physique; des asanas. Il y a 8 branches ou étapes dans la pratique du yoga et l’une d’entre elles: les yamas concerne nos interactions avec les autres. Il y a cinq yamas: Ahimsa: absence de violence, Satya: vérité, Asteya: absence de vol, honnêteté, Brahmacharya: modération et Aparigraha: non-convoitise.
Est-ce que je pense, j’agis et je m’exprime d’une façon qui ne crée pas de violence pour l’autre? Est-ce que j’énonce la vérité et est-ce que je suis honnête envers l’autre? Est ce que je fais attention de ne pas prendre avantage des possessions de l’autre et/ou de son temps? Suis-je fidèle à mon partenaire pour ne pas gaspiller mon énergie sexuelle? Est ce que je désire de façon inappropriée ce qui appartient à l’autre or suis-je satisfaite avec ce que j’ai?
Je suis convaincue que ces questions sont importantes à garder à l’esprit afin d’être plus ancré, centré, et serein dans une relation amoureuse mais aussi dans toute relation.

Ce que j’ai appris au fil de ces années est qu’une histoire d’amour est en même temps magique et difficile. Si on pense à toutes les personnes que l’on aurait pu rencontrer dans ce monde, il y a clairement quelque chose de magique, de puissant et même au-delà de notre contrôle qui emmène deux personnes à se rencontrer. L’attraction physique, émotionnelle et intellectuelle doit être présente; cela ne peut être forcé ou travaillé. J’imagine que certaines personnes ne vont pas être d’accord avec cette affirmation car j’ai entendu parler de relations profondes dans certain marriages arrangés. Mais supposons que pour la plupart d’entre nous, l’étincelle, la magie, les papillons dans le ventre doivent être présents.
Et aussi magique une relation amoureuse soit-elle, elle demande également beaucoup d’efforts. Si vous avez l’âme romantique, vous n’allez pas aimer ce mot effort car vous souhaiteriez certainement que tout coule de source sans difficultés. Mais en toute sincérité, y a-t-il quelque chose dans la vie qui fonctionne de cette manière? Alors peut-être « efforts » est un peu dur et l’on devrait plutôt parler du fait que tout ce que nous faisons a besoin de notre attention, de nos soins, de notre amour pour se développer et s’épanouir. Du jardinage, à la cuisine, en passant par la pratique du yoga, à vivre sa vie, à la méditation, à l’éducation des enfants, à être dans une relation… Et c’est ce qui les rend si belles car plus nous nous impliquons et prenons soin de nos relations, plus elles s’améliorent et plus elles deviennent équilibrées et stables.
Evidemment, cela nécessite que les deux personnes impliquées infusent la relation de soin, d’attention, d’amour, pour que l’union devienne plus forte. Si cela ne va que dans un sens ou ne vient que d’un côté, les choses seront difficiles et risquent de ne pas fonctionner.

Sans ordre particulier, je voulais partager avec vous les valeurs qui me tiennent à coeur dans mon marriage:
communication: il s’agit d’un élément tellement important dans toute relation surtout lorsque les choses deviennent difficiles. Votre compagnon/compagne doit savoir comment vous vous sentez par rapport à une situation particulière et inversement. Et la partie la plus difficile est d’arriver à le faire sans y mettre de colère ou de rancoeur. Parce que devinez quoi? L’énergie que l’on émet attire encore plus de cette même énergie. Et je suis complétement consciente que cela est bien plus facile à dire qu’à faire. J’ai échoué de nombreuses fois dans le passé mais soyons-en au moins conscients pour que cela ne devienne pas une habitude.
L’élément de communication va main dans la main avec l’honnêteté: être parfaitement honnête et prêt à se sentir vulnérable et mal à l’aise.
J’aime beaucoup ce conseil de la professeur de yoga américaine Ashley Turner. Elle explique que lorsque l’on a une dispute avec son conjoint(e), de s’assurer de répéter ce qu’il/elle vient de dire avant de lui répondre. Ca donne quelque chose de ce genre: « tu dis que tu te sens… » En effet, de nombreuses fois, on reste si bloqué sur notre propre histoire que nous entendons à peine ou nous interprétons grandement ce que l’autre a dit. Alors, en répétant ce que l’autre vient de dire, on s’assure de comprendre complétement ce que l’autre personne souhaite exprimer. Pour être sincère, je n’ai pas encore essayé cette technique mais je le ferai car je suis convaincue qu’il s’agit d’un excellent outil.
confiance: rien ne peut grandir si la confiance n’est pas là.
respect: dans tous les sens du terme. Respect de la personne, de son caractère, de ses opinions, de ses pensées… Cela ne veut pas dire être d’accord avec tout ce que votre conjoint(e) dit ou pense mais reconnaître que les gens ont des points de vues différents.
faire des choses ensemble: on voyage, on médite, on marche, on fait du yoga, on va au cinéma, on mange au restaurant, on sort avec des amis… et il y a aussi de nombreuses choses que l’on ne fait pas ensemble: aller au sport, lire au lit, cuisiner, travailler, courir, aller aux bains russes, écouter les nouvelles françaises à la radio, sortir avec des amis…
Pour moi, il est important et je crois sain, de garder des activités séparées pour que chacun ait un monde indépendant duquel on peut tous les deux profiter.

En résumé; aimer est magnifique, aimer est difficile, aimer fait du mal et aimer guéri, aimer est tout et peut aussi tout détruire. Aimer est vivre. C’est une nécéssité et un luxe. C’est fluide et saccadé. Aimer est TOUT.

Je vous laisse avec cette étude en anglais d’Harvard qui est sortie récemment sur le bonheur. 268 personnes y ont été suivies pendant presque 80 ans et il en ressort que les relations humaines proches et saines sont ce qui nous rend heureux, plus que le succès ou l’argent.
Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Namaste,

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« True Belonging »: « Véritable Appartenance »

 

Il y a quelques semaines, j’ai commencé à lire le livre incroyable et puissant de Brené Brown: «Braving the Wilderness: the quest for true belonging and the courage to stand alone ». Pas évident de traduire ce titre mais j’essairais par: « Braver l’étendue sauvage: la quête d’une véritable appartenance et le courage d’être seul».
Je ne suis pas certaine qu’il soit disponible en français mais si oui, ou si vous lisez l’anglais, allez l’acheter aujourd’hui. C’est une lecture si importante et précieuse pour tous ceux qui veulent continuer de grandir et de se développer en toute conscience et prendre en main leur vie avec courage. Je pense que c’est tout particulièrement important dans un monde qui semble être quotidiennement, de plus en plus divisé . Ce livre est un pur bijou; il me parle et m’inspire tellement. Certaines parties m’ont donné la chair de poule et ont été reçues en profondeur dans mon cœur.

Voici la définition de « true belonging », ou de l’appartenance véritable que l’auteure donne: « c’est la pratique spirituelle de croire en vous-même et d’appartenir à vous-même d’une façon si profonde que vous êtes capable de partager votre être le plus authentique avec le monde et également de trouver un caractère sacré tant en faisant partie integrante de quelque chose qu’en étant seul devant une étendue inconnue. La vraie appartenance ne vous demande pas de changer qui vous êtes, elle éxige que vous soyez qui vous êtes ».
J’ai essayé de traduire du mieux que j’ai pu ce qui n’est clairement pas évident lorsque ses mots sont si parfaits et justes en anglais.
Avant d’écrire sur un sujet, Brené Brown passe toujours des années à étudier la question, à faire des recherches et à recueillir des données. Aussi, je pense qu’elle a très soigneusement choisi ses mots pour donner sa définition et c’est à mon avis pourquoi ils sont si puissants.

 

 

En grandissant, je n’ai jamais ressenti que j’appartenais à quelque chose ou à quelqu’un, et encore moins à moi-même. Je me sentais un peu perdue, sans directions et instructions sur comment grandir et aborder cette chose énorme qu’est la vie. Alors à la place, je suis devenue très douée à m’intégrer. A m’intégrer, à me conformer; à l’école, à l’université, avec mes amis, avec mes petits amis, avec ma famille … Tant de fois, je me suis sentie ne pas être à ma place mais j’essayais toujours de rentrer dans le moule. Vous savez, pour que je puisse être acceptée et aimée…
Je suis devenue si bonne à m’intégrer et à plaire aux autres que je n’écoutais pas ou je n’essayais même pas de comprendre ce qui était vraiment important pour moi et ce dont j’avais besoin pour m’épanouir.
Je ne l’avais pas réalisé à l’époque, mais je pense que le jour où mon mari et moi avons commencé à sortir ensemble, fût la première fois que je faisais un pas vers ce dont j’avais vraiment envie et besoin. J’avais 21 ans. C’était la première fois que je demandais à quelqu’un de sortir avec moi (auparavant j’attendais toujours que l’autre vienne vers moi). Même aujourd’hui, il m’est difficile de croire que j’ai fait le premier pas car cela ne me ressemblait tellement pas à l’époque. Mais je suppose que, ce jour-là, mon cœur, mon instinct et mon intuition ont parlés un peu plus fort que mon cerveau . Et je suis tellement contente qu’ils l’aient fait parce que cette relation m’a permis et me permet encore, lentement mais sûrement, de devenir de plus en plus qui je suis. Et cela grâce au soutien et à l’encouragement de mon mari.
« La véritable appartenance exige que vous soyez qui vous êtes ». Une déclaration si simple et pourtant, combien d’entre nous savent qui nous sommes et si nous le savons, combien d’entre nous ont le courage de le vivre pleinement? Cela demande beaucoup de courage et peut sembler parfois être un parcours très solitaire et accablant, mais lorsque nous nous permettons finalement de briller et d’être fidèles à nous-mêmes; le sentiment de paix, d’aisance, de satisfaction et de force est incroyable.
Il m’est arrivé et m’arrive toujours d’entrevoir ce sentiment dans ma vie et il est si puissant et important. Mais les doutes et les peurs ne cessent de revenir frapper à ma porte et il faut beaucoup de force pour ne pas les laisser entrer. Souvent j’échoue, mais je me remets toujours debout et trouve la force pour rester sur mon chemin. La pratique du yoga et mon travail introspectif me donnent des outils extrêmement précieux pour observer, ressentir, réfléchir, digérer. La confiance et la foi sont aussi mes alliés; ils me guident pour devenir une meilleure version de moi-même et m’aider à exprimer ma vérité.

Bréne Brown a su exprimer si clairement ce que je ressentais depuis longtemps mais je n’avais pas les mots pour l’articuler. Je veux la remercier pour tout le travail important qu’elle accomplit et pour être une source d’inspiration.

Namaste,

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Comment naviguer sur le fleuve de la vie avec un peu plus d’aisance

Alors que j’entends beaucoup de personnes dans mon entourage traversant des moments difficiles et devant surmonter des épreuves, j’ai réfléchi à comment vivre ces événements avec un peu plus d’aisance et de fluidité. J’ai, moi aussi, eu ma part de grosses déceptions et d’événements qui m’ont profondémment marquée et blessée dans ma vie. Et il y en aura d’autres.
Au moment où nous traversons ces événements, cela est très difficile et on ressent une lourdeur s’abattre tout notre être; il faut se souvenir néanmoins qu’ils sont une partie intrinsèque de la vie.
Il y a des hauts et des bas, il y a l’inspire et l’expire, recevoir et offrir, la vague qui vient effleurer le rivage et qui repart. C’est comme cela que la nature fonctionne. C’est pourquoi j’ai choisi l’image ci-dessus avec cette citation pour illustrer ma pensée: « tout le monde veut le bonheur, personne ne veut de la douleur. Mais on ne peut pas avoir un arc-en-ciel sans un peu de pluie ».

Nous ne pouvons pas contrôler les rythmes de la vie, c’est en fait lorsque nous essayons de les dominer que la souffrance est plus susceptible de se produire. Ils seront toujours plus forts que notre résistance d’aller avec le courant. Au lieu d’essayer de contrôler les événements de la vie, nous pouvons contrôler par contre, notre réaction à ceux-ci.
Ce qui m’aide beaucoup est l’utilisation de cet outil: lorsque je passe par un mauvais moment, j’exerce un sentiment de gratitude. Pas un sentiment de gratitude pour la difficulté que je suis en train de passer mais pour tout ce qui va bien dans ma vie.
Certains d’entre vous me diront: plus facile à dire qu’à faire. Et vous avez raison! Mais plus nous pratiquons quelque chose, plus il devient une partie intégrante de notre vie, plus il imprègne notre être. La première fois que vous avez pratiqué les salutations au soleil, il était sûrement difficile de se souvenir de la séquence et de coordonner le souffle aux mouvements et après les avoir pratiquées des centaines, des milliers de fois, le souffle a finalement initié le mouvement, il est devenu fluide et spacieux.
De la même manière que nous nous améliorons à ce que nous pratiquons régulièrement sur un plan physique, nous nous améliorons également à entraîner et reprogrammer notre cerveau avec ce que nous pratiquons sur un plan mental.

Je vais utiliser un petit exemple qui m’est arrivé alors que j’étais en France. Après la formation, je devais finaliser un projet de yoga que j’avais en tête depuis deux ans. Tout était prévu pour le concrétiser: l’emplacement, l’équipe, les dates … Néanmoins 10 jours avant qu’il ne se réalise, j’ai reçu un e-mail m’indiquant qu’il devrait être annulé. Bien sûr, ma première réaction a été une énorme déception. J’ai travaillé pendant longtemps sur ce projet, j’ai réservé mon vol pour rester plus longtemps en France, lorsque je n’enseigne pas, je ne gagne pas d’argent, quel manque de professionalisme … la liste pourrait continuer.
Mais après ma réaction vive et à fleur de peau du moment, je pouvais aussi me dire: quelle chance d’avoir été offert cette opportunité, quelle chance que les gens me fassent confiance et valorise mon travail et ma pratique, quelle chance d’avoir 4 jours de congés dans mon pays (je ne vais jamais en France en dehors de mon enseignement alors c’est vraiment rare) …
Et bien je suis partie 3 jours à Paris et laissez-moi vous dire que j’ai passé un excellent moment à voir quelques amis, faire du yoga; recevoir une séance d’hypnose avec un thérapeute avec lequel je voulais travailler, rester à l’hôtel et jouer au touriste dans cette ville si charmante, si sensuelle.

La mise en application de ce sentiment de gratitude fonctionne pour des situations très difficiles de perte ou de profonde tristesse, ainsi que pour des choses beaucoup moins importantes.
Lors d’une dispute avec son/sa conjoint(e); se remémorer à quel point nous sommes chanceux d’avoir quelqun à nos côtés. Si l’on a une blessure dans notre corps, être malgrè tout reconnaissant de toutes les autres parties du corps qui fonctionnent à merveille. Cela s’applique à l’infini.
Il ne s’agit pas d’essayer de vous convaincre que tout est magnifique autour de vous; être reconnaissant nous fait réaliser la réalité des choses et la vérité. Nous ne pouvons pas nier que nous sommes extrêmement chanceux; au moins pour ceux d’entre nous qui avons un toît au-dessus de nos têtes, assez de nourriture à manger et de l’amour de nos familles et de nos amis. C’est tout simplement indéniable. C’est la vérité. Cela peut être caché sous des couches profondes de frustration, de tristesse, de manque de confiance, de doutes … mais au final cela reste la vérité.

La gratitude nous aide à mettre les choses en perspective.
La gratitude nous enseigne à apprécier le moment présent. A revenir à un sentiment d’ancrage.
La gratitude transforme le désir de toujours vouloir plus ou mieux en suffisant.
Nous avons suffisamment.

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L’impermanence des choses

Il y a un peu plus de 10 ans, j’enseignais ma première classe collective officielle. Ci-dessus, est une photo de la séquence que j’avais écrite pour cette classe.
J’étais terrifiée!!
J’étais principalement terrifiée de me tromper et surtout j’avais peur de me sentir rejetée. Et si les students ne m’aiment pas, ou qu’ils ne comprennent pas mon accent, ou que l’alignement de mes postures n’est pas optimal, et si j’oublie des instructions, ou que je ne sais pas comment aider les élèves avec des limitations ou des blessures…? La liste pourrait continuer.

Il est intéressant de remarquer que toutes ces peurs étaient purement basées sur moi. MOI, n’étant pas capable ou n’étant pas assez. Je me souviens d’un excellent conseil que mon mari me donna: « tu es là pour faire du bien à tes élèves et pour les aider. Concentre-toi sur cela et tu ne peux pas te tromper ». Bien sûr, à I’époque, ceci était plus facile à dire qu’à faire pour quelqun qui a essayé d’être discrète toute sa vie. Mais ce conseil est si important car le Yoga est basé sur le partage, l’union, l’intégration.
Avance rapide: dix années plus tard, la sensation de terreur a disparue (heureusement!). Même si je suis toujours un peu nerveuse parfois, surtout à l’approche d’un nouveau projet. Mais aujourd’hui, j’ai appris à apprécier cette sensation car comme me l’a fait remarqué un ami: « tu es anxieuse parce que tu veux donner le meilleur à tes élèves ». Et c’est vrai; mes élèves et mon enseignement sont très importants à mes yeux. J’aime ce que je fais.

Lorsque j’ai commencé à pratiquer le Yoga en 2002 à New York, je fus immédiatement attirée par la pratique physique. Puis, en 2003/2004, mon mari et moi sommes partis voyager pendant 8 mois en Asie du Sud-Est et nous nous sommes arrêtés quelques semaines dans un ashram à Rishikesh, en Inde. Les professeurs que nous avons rencontrés sur place étaient extraordinaires!! Je suis littéralement tombée amoureuse de cette pratique. Je compris alors que le Yoga était bien plus que la pratique physique. J’ai eu la chance de découvrir la méditation, les pranayamas, les kriyas et le chant grâce à une professeur indienne, qui est la femme la plus spirituelle que je connaisse. Tout cela était si impressionnant pour moi. Une philosophie si ancienne et pourtant les yogis connaissaient et avaient déjà tout compris sur la vie. A l’opposé, dans nos sociétés soi-disant modernes, on semble s’éloigner de plus en plus des enseignements fondamentaux; se sentant souvent déconnectés et au bout du rouleau. Ce fût une révélation pour moi de trouver une pratique, une discipline, une philosophie de vie si holistique.
Je ne voulais pas enseigner à l’époque mais je suis retournée dans cet ashram l’année suivante pour faire une formation de professeurs car j’avais le désir profond d’en savoir plus, de mieux comprendre.
Une formation de professeurs de Yoga en Inde et deux formations à New York plus tard, je n’avais toujours aucun désir d’enseigner mais ma soif d’apprendre était de plus en satisfaite.

Un jour, j’ai finalement accepté une offre d’enseignement après en avoir refusé quelques unes, et je n’ai jamais cessé depuis!
Ma pratique a évolué au fil des années. Je n’ai jamais été une personne compétitive et bien que les postures difficiles me séduisaient et que je prenais beaucoup de plaisir à les faire, j’étais aussi à l’aise avec le fait de ne pas être capable de tout réaliser.
De plus, je me suis rendue compte au fil des années que j’avais des limitations structurelles dues à ma scoliose. Après avoir ignoré pendant un moment les signaux que m’envoyaient mon corps (en raison d’un manque de conscience et de connaissance de ma condition et du fait que les professeurs avec lesquels je pratiquais n’étaient pas formés à cette condition), j’ai aggravé les choses et j’ai commencé à ressentir de la douleur. Jusqu’à ce que je trouve ce studio de yoga exceptionnel: Yoga Union qui est spécialisé dans la scoliose et les problèmes de dos. Là-bas, j’ai appris à comprendre ma scoliose et à prendre soin de moi.

Depuis, ma pratique physique est plus respectueuse envers mon corps. Je connais mes limites. Je ne pratique pas le Yoga pour impressionner avec mes postures ou obtenir des « j’aime » sur les réseaux sociaux. Je pratique le Yoga parce qu’il nourrit mon corps et mon âme. Ce qui m’intéresse est de tourner ma conscience vers l’intérieur, d’écouter. Peut-être qu’en prenant de l’âge je fais plus attention. Peut-être pas. Mais ce qui m’intéresse réellement c’est la connection entre le corps et l’esprit. Aujourd’hui, ma pratique de méditation est aussi importante ou même plus sacrée que ma pratique physique.

La raison pour laquelle je partage tout cela avec vous est parce que tout est impermanent dans la vie. Tout; sans exception. Le mal, le bien, le douloureux, l’agréable…
Ma pratique a changé au cours des années et continuera de changer.
Nous devons savoir accepter cette impermanence pour se sentir en paix dans notre vie; autrement nous devenons trop attachés aux choses, aux personnes et nous en souffrons. L’impermanence est un des grands enseignements de la philosophie du Yoga.
La vie suit son chemin, la mort surgit, les saisons changent, les joies et les peines vont et viennent…
C’est exactement la raison pour laquelle la vie est si belle et si précieuse car elle est fragile et éphémère.

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AMOUR, AMOUR et encore plus d’AMOUR

 

Je vais être très honnête avec vous, j’ai eu du mal à rassembler mes pensées pour écrire cette newsletter. Alors que le monde paraît être plus divisé que jamais et que de nombreuses personnes souffrent; comment puis-je fermer les yeux pour ignorer ce qui se passe et prétendre que tout va bien? Une fois que l’on sait, on ne peut pas dire que l’on était pas au courant. Alors je fais ce que je peux en choississant des sources d’informations les plus neutres possibles, en signant des pétitions, en donnant de l’argent à des organisations…

Je suis partagée… Une partie de moi pense que je devrais faire plus et notamment plus d’actions concrètes. Je n’ai jamais été une militante mais pourtant cette année je ressens l’urgence de prendre des actions (les résultats éléctoraux du pays où je vis depuis 16 ans y sont pour beaucoup) car je sais que détourner le regard et ignorer ce qui se passe ne sont pas des réponses valables.
Et puis une autre partie de moi sait qu’aller, par exemple en Syrie, pour aider n’est pas non plus une solution.
Alors pour apaiser mon conflit intérieur, je reviens à ce que je sais et à ce que le Yoga m’a appris: que tout commence par soi-même, que tout commence avec une pensée.
Je garde toujours ces mots précieux et puissants à l’esprit:

« Surveille tes pensées, elles deviennent des mots.
Surveille tes mots ils deviennent des actions.
Surveille tes actions, elles deviennent des habitudes.
Surveille tes habitudes, elles deviennent ton caractère.
Surveille ton caractère, il devient ton destin. »

Je ne cite pas l’auteur de cette citation en toute conscience car elle a été attribuée à tellement de personnes qu’il est difficile de savoir qui l’a vraiment prononcée.
L’essence de cette citation est si profonde et si fondamentale. Elle nous explique comment nous pouvons changer notre monde et avoir un impact. C’est pourquoi il est tellement important de prêter attention à nos pensées, c’est pourquoi la pratique de la pleine conscience est essentielle et que la méditation est nécessaire. Pour que nous puissions enfin comprendre que la souffrance de certains touche le monde entier. Et diffuser ainsi encore plus d’amour, plus d’unité et de compréhension. Parce que de toute façon, l’amour est toujours la réponse. Toujours.

Les mots, eux aussi ont un pouvoir immense et ont de l’importance. Alors je choisis de prêter attention à la façon dont je m’exprime car les mots contiennent de l’énergie, ils créent des répercussions. C’est le cas pour tout; tout est énergie et vibrations.

Ne vous inquiétez pas, je ne vous laisserai pas sur une note si sérieuse avant les Fêtes.
Dernièrement, dans mes classes, nous avons fait une courte méditation pour contempler ce qui va bien dans nos vies. Il est intéressant de remarquer que si une chose que l’on considère négative nous arrive dans une journée et que deux ou trois situations positives se passent dans la même journée, notre esprit aura tendance à focaliser uniquement sur l’expérience négative. Cela paraît injuste!
Mais nous pouvons changer cela. En revenant au moment présent et en nous rappelant toutes les bonnes choses que nous avons dans nos vies et à quel point nous sommes chanceux. Essayez! Cela n’a pas besoin d’être très long.
Asseyez-vous pour quelques minutes avec les yeux fermés et visualiser toutes les belles choses que vous avez autour de vous, tous les gens qui vous aiment et qui sont là pour vous.
Ce petit exercice illuminera votre journée et vous fera vous sentir beaucoup mieux.
Cela me fait penser à cette excellente video qui a été partagée par une de mes collègues. Elle est en anglais mais la gratitude n’a pas de language alors vous comprendrez très facilement. Elle vaut la peine d’être vue!!

Je vous souhaite d’extraordinaires et d’heureuses fêtes de fin d’année!!!
Continuez à répandre de l’amour autour de vous et prenez bien soin des uns et des autres.
Joyeux, joyeux Noël et une éblouissante année 2017!!!!
Avec amour,

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Travail de réflexion sur soi-même

 

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Si vous me connaissez, vous savez que l’été est ma saison préférée. Je me sens en accord avec moi-même durant l’été, plus qu’à n’importe quel autre moment de l’année. Et parce que je me sens bien, il m’est plus facile de faire un travail de réflexion et d’introspection. Bien que j’enseigne autant de classes en été que le reste de l’année, j’ai tendance à me sentir très occupée et pris dans le rythme de la ville lorsque je suis à New York. Ce qui me laisse peu de temps pour faire un travail approfondi de réflexion malgré ma pratique quotidienne de méditation.
Mais sur Shelter Island, et particulièrement près de l’océan, les choses sont différentes…
Ayant grandi dans une ville proche des montagnes, je me suis toujours demandé pourquoi j’aime tant l’océan et la plage. Cet environnement me touche et me parle et je crois que c’est parce que tous les éléments y sont présents, à portée de main. Ils nourrissent mon corps et mon esprit. J’adore aussi l’infini, l’immensité de l’horizon; ce sentiment de liberté, que tout est possible. C’est mon petit coin de bonheur!

Cela fait un moment maintenant que j’ai entamé un travail d’introspection. Ayant choisi la voie du yoga, il est tout naturel de vouloir évoluer et de me rapprocher de l’essence de mon être. Faire l’équilibre sur les mains est très amusant et enivrant et je suis sûre que j’aimerai toujours le faire, mais cela ne va pas m’aider, ni le monde, à évoluer.
Cet été, j’ai intensifié mon travail de réflexion sur moi-même. Observer plus attentivement, écouter plus en profondeur, ressentir avec tous mes sens, sentir avec attention, me poser des questions difficiles, refuser de reculer devant ce qui se présentait. Ce dernier est peut-être le plus difficile pour moi. Il est tellement facile de fermer les yeux lorsqu’une situation ne nous convient pas et d’éviter de s’y confronter plutôt que d’y faire face.

Des peurs sont souvent liées à notre défaut de prendre des décisions. Par exemple, la peur de perdre quelque chose ou quelqun; donc on préfère rester dans une situation familière plutôt que de prendre un risque. J’ai, moi-même, de nombreuses peurs sur lesquelles je travaille. Il ne s’agit pas d’un processus facile mais néanmoins un que j’ai décidé d’entreprendre pour continuer à me développer et aller dans la direction qui me semble être la plus juste. Et durant ce processus, la nature m’est toujours d’une aide précieuse pour obtenir plus de clarté.
La nature détient toutes les réponses.
Lorsque je suis entourée de nature et ce pour un moment, je ressens que mes cellules deviennent en harmonie avec l’environnement. Tous mes sens sont plus attentifs, plus affûtés mais d’une façon très douce, très subtile. Je me sens beaucoup plus réceptive et je suis plus à même d’écouter et d’observer ce qui se passe dans ma vie à ce moment précis. Je me sens beaucoup claire dans mon esprit, moins suceptible d’écouter mes peurs.

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J’ai eu la chance de passer quelques jours cet été au centre de Yoga Kripalu dans le Massachussetts. Ce fût une invitation supplémentaire de continuer à aller un peu plus loin avec moi-même dans un endroit plus frais et boisé .
Un autre outil qui m’est très utile est de mettre les choses sur papier. Cela paraît évident comme certainement l’est le fait de passer du temps dans la nature, mais je vous assure que plus les techniques sont simples et plus elles sont efficaces. Un travail d’introspection est un travail d’écoute, de présence et qui ne peut être réalisé que dans un envitonnement calme grâce à des outils comme l’écriture, la méditation, la contemplation. C’est seulement lorsque l’on se sent apaisé et réceptif que le travail peut porter ses fruits.
Ecrire est une aide précieuse car cela permet de détruire des barrières que l’on a pu ériger. On se sent libre de s’exprimer et parfois on peut même être surpri par ce que l’on écrit. Je l’ai été et ce, d’une façon très positive.

Le Dalai Lama était récemment à Strasbourg et j’ai pu écouter un de ses dicours grâce à Facebook live.
Beaucoup d’opinions qu’il a exprimées m’ont profondément parlées mais sur le sujet sur lequel j’écris aujourd’hui, il dit quelque chose qui a particulièrement attiré mon attention. Il expliqua que lorsque nous avons des émotions ou des sentiments négatifs présents dans notre esprit, cela provient souvent du fait que nous regardons le problème depuis un angle très étroit et que nous oublions de regarder l’ensemble des choses. Plus l’angle est étroit et plus il y aura d’anxiété et d’émotions négatives qui vont s’ajouter au problème. Cela m’a interpellée car il est vrai pafois que l’on peut trop se focaliser sur un problème spécifique et on oublie ainsi que tout le reste est plutôt pas mal du tout. C’était un excellent rappel.
Que nous puissions continuer à faire notre travail d’introspection mais sans oublier de garder en tête l’ensemble des choses.

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Le paradoxe de la connaissance

 

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Je suis rentrée il y a quelques semaines de Strasbourg après y avoir enseigné une formation Yogaworks de professeurs de yoga au niveau 200 heures et des ateliers à Yogamoves, et je me suis surprise à me faire cette réflexion: plus que je connais de choses sur le yoga et finalement moins j’en sais!

Depuis 2003, j’ai pris de nombreuses formations, stages et ateliers. Il n’y a pas une année qui passe sans que je continue à me former. C’est ce qui me garde dans ma pratique, c’est ce qui m’inspire et m’ancre dans mon enseignement, c’est ce qui me fait vibrer. J’ai des milliers d’heures de formation et des milliers d’heures d’enseignement à mon compteur et pourtant, cette impression d’en savoir moins (peu, serait peut-être plus approprié) est présente. Ne soyez pas alarmés, je ne dis pas cela avec tristesse et inquiétude, je trouve cela au contraire très sain car c’est ce qui me pousse à m’améliorer, à en savoir plus, à ressentir les choses.
Je me rends compte qu’il y a plusieurs étapes dans la connaissance ou le savoir. Au début, on veut absolument avoir la bonne et unique réponse; c’est comme cela et pas autrement. Je le vois souvent chez les élèves qui prennent la formation, il faut que ce soit noir ou blanc. Et c’est tout à fait normal, notre cerveau a ce besoin de recevoir une information tangible, claire et précise. On apprend déjà de nouvelles informations lorsqu’on prend une formation, et si en plus rien n’est précis, cela devient déstabilisant. Si les pieds sont joints en Tadasana, dans la posture de la montagne, alors cela doit être la règle, la vérité pour tout le monde. Mais est-ce si simple? Je vous donne déjà la réponse: absolument pas et c’est ce que je m’efforce d’enseigner à mes élèves.

Je me souviens de ma première sérieuse expérience de yoga. C’était en Inde, à Rishikesh avec ma professeur de yoga Iyengar: Karyn O’Bannon. Elle avait un des plus haut degrés d’enseignement dans le style Iyengar. Elle est malheureusement décédée en 2013. Comme la plupart des professeurs d’Iyengar, sa façon d’enseigner était stricte et disciplinée mais avec en même temps une pudeur touchante et émouvante. Elle m’a donné l’envie de continuer à pratiquer le yoga en 2003 et de continuer à apprendre. J’étais fascinée par sa connaissance du corps et je me disais que si on arrive à avoir une telle connexion et compréhension de notre corps, à savoir même quoi faire avec notre petit orteil, cela devait ouvrir des accès formidables à notre esprit, à son contrôle et créer une harmonie du corps et de l’esprit. Je lui suis si reconnaissante d’avoir eu tant d’influence sur mon parcours.
J’ai eu besoin de ce cadrage, de ces instructions précises, de cette rigueur pour me donner les ailes dont j’avais besoin. Et au-delà de sa précision, elle était un être si spirituel.

Alors au début, on est souvent trop rigide dans nos instructions jusqu’à ce que l’on se rende compte que ce n’est pas si noir ou blanc mais qu’il y a un monde entre les deux où vit d’ailleurs la plupart d’entre nous. Paradoxalement, cette conscience ne peut venir que par le fait de continuer à se former, de continuer à pratiquer. Plus on apprend le yoga et plus on découvre ses subtilités. Ses subtilités corporelles, subtilités d’énergies, subtilités mentales… Le yoga est un sujet si vaste et c’est ce qui me plaît tant! C’est comme les poupées russes sauf que, dans le cas du yoga, cela ne s’arrête jamais. On lève de nouveaux voiles grâce à la maturité de pratique et d’enseignement qu’on acquiert. Et plus on apprend et plus on réalise que l’on a à peine commencé à effleurer la profondeur de certains concepts. Pourquoi? Car dans le Yoga, tout est ressenti, tout est expérience, tout est pratique pour se reconnecter avec soi-même. Et cela nécessite de la patience et du temps. Chaque personne aura un chemin différent, des niveaux de conscience différents, des approches différentes, des sensibilités différentes dans son apprentissage.

Dans son livre « Outlier: the story of success », Malcolm Gladwell explique la règle des 10 000 heures pour pouvoir maîtriser une matière, un sujet ou un art. Ce à quoi d’autres lui ont répondu que ce n’est pas forcément vrai, certains ont besoin de plus d’heures, d’autre de moins. Que tout dépendait de la qualité d’attention avec laquelle ces 10 000 heures étaient acquises. Je suis complétement d’accord avec cette notion de la qualité de notre attention, de notre implication. La philosophie du yoga parle d’ailleurs de ce sujet. Rien ne me fait plus plaisir lorsque des situations ou des discussions de la vie moderne sont confirmées par d’anciens textes. Dans les Yoga Sutra de Patanjali (compilés vers les années 200 av. J.C et 500 ap. J.C), on nous parle du concept d’Abhyasa, qui signifie pratique ou effort. Patanjali nous explique que cette pratique doit être réalisée avec foi, avec tout notre coeur pour faire de plus importants progrès. Cela rejoint complètement cette idée de la qualité d’attention ou d’implication!

Alors je continuerai à apprendre, à me former, à pratiquer toute ma vie avec la même passion et curiosité qui m’animent depuis ces années. Et peut-être que tant que j’aurais l’impression d’en savoir peu, je serais sur le bon chemin car le jour où j’aurais l’impression d’en savoir énormément, mon ego aura pris trop d’ampleur!

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