La petit voix dans notre tête

 

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J’ai posté il y a quelques semaines cette photo, prise lors de mon séjour dans les Caraibes, sur Facebook et Instagram accompagnée de cette légende:
« Moi: j’aime cette photo!
La voix dans ma tête: mais tu as vu la céllulite??!!
Moi: oui, je sais…
La voix dans ma tête: tu ne peux pas poster cette photo!!
Moi: je la posterai et je m’accepte telle que je suis et ce, avec ma céllulite!! »

Je ne m’attendais pas à une telle réaction de la part des personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Quelle joie de lire vos réactions et vos commentaires!! J’ai été tellement touchée et émue que j’ai décidé d’écrire un peu plus sur le sujet.

On a tous cette petite voix dans notre tête qui nous dit parfois: tu n’es pas assez, tu n’es pas parfait(e), il te manque ceci pour être meilleur(e), cela pour être aimé(e), et ceci pour réussir et puis aussi ceci pour…(complétez les pointillés). La liste peut être très longue!
Ce sujet me tient à cœur car comme beaucoup, j’ai été victime de la petite voix dans ma tête étant plus jeune: trop grande, trop maigre, trop introvertie… Maintenant, je sais de plus en plus m’en dégager bien que je sois sûre que si vous demandez à mon mari, il vous citera mes insécurités sans hésitation! Est-ce vrai ou est-ce encore la petite voix dans ma tête qui me juge? C’est drôle d’observer comment notre esprit fonctionne!

Mais ce sujet me tient surtout à cœur car je la vois, je la ressens cette petite voix dans la tête de mes élèves: je n’ai pas suffisamment de muscles, je dois perdre du poids, les autres ont des postures parfaites et moi non, je suis trop anxieux(se) pour méditer, trop occupé(e) pour m’asseoir calmement, pas assez flexible pour faire du yoga… Là aussi, la liste est très longue. Se mettre des bâtons dans les roues, se tirer vers le bas, se juger négativement  avant même d’avoir essayé!

Et puis il y a aussi cette petite voix qui parfois, au lieu de nous faire abandonner avant même d’avoir commencé, au contraire, nous pousse trop loin. Si les autres arrivent à faire ces postures alors moi aussi je dois y arriver et je pousserai coûte que coûte ignorant mes blessures et au risque de les aggraver. Une de mes élèves m’a dit dernièrement qu’elle souffre d’arthrite dans toutes les articulations. Malgré ses douleurs intenses, elle m’a confié qu’elle se mettait la pression car si les autres pouvaient faire ces postures, elle aussi devait y arriver. Mais à quel prix? Et pourquoi?
J’aimerais rapeller ici qu’un des principes fondamentaux sur lequel est basé la pratique du Yoga est « Ahimsa » qui signifie absence de violence. Absence de violence envers les autres mais aussi envers soi-même. Et malgrè tout, et peut-être encore plus à New York où la société est très compétitive, de nombreux élèves restent dans un esprit de performance.
Ne pas arriver à accepter que notre corps ne peut plus faire les mêmes choses que dans le passé est aussi à mon avis, un terrain fertile pour la petite voix dans notre tête.

Et puis ce n’est pas fini, il y a aussi la petite voix dans notre tête qui juge les autres. Comme elle est présente elle aussi! J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le commentaire de cette personne sur ma photo qui a dit:
« Ma petite voix a fait exactement comme la votre! Oh elle a de la céllulite, et moi de dire: ah merci de montrer la Vérite, si chère au Yoga! Namaste et encore MERCI! »
J’ai adoré ce commentaire rempli d’honnêteté car il est d’une telle justesse sur la façon dont notre esprit fonctionne. Cette petite voix qui, comme à l’affût, n’attend que la première occasion pour se montrer et commencer son bavardage. Car il ne s’agit que de bavardage et d’un bavardage sans profondeur; la plupart du temps conditionné par la société.

Alors mon conseil pour arrêter cette petite voix dans notre tête est d’abord de l’observer, d’en avoir conscience puis doucement, sans frustration et avec patience, de l’apprivoiser pour ne plus la laisser nous contrôler. Se rendre compte qu’il s’agit simplement d’une pensée, que cela ne nous définit pas, que l’on est bien plus que cela. Et plus on l’observe et l’apprivoise, plus elle paraît dérisoire et futile. Plus on s’en détache et plus on se donne la permission d’être authentique, d’être vulnerable, d’être sincère.

Merci énormément pour votre enthousiasme et vos réactions incroyables!!
Puisque nous avons tous besoin des uns et des autres pour se sentir soutenus, arrivons à être aussi compréhensifs et encourageants avec nos mots et nos réactions dans la vraie vie.

« La vie n’a pas besoin d’être justifiée ou jugée » Don Miguel Ruiz

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