Archives de catégorie : Réflexion

Le paradoxe de la connaissance

 

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Je suis rentrée il y a quelques semaines de Strasbourg après y avoir enseigné une formation Yogaworks de professeurs de yoga au niveau 200 heures et des ateliers à Yogamoves, et je me suis surprise à me faire cette réflexion: plus que je connais de choses sur le yoga et finalement moins j’en sais!

Depuis 2003, j’ai pris de nombreuses formations, stages et ateliers. Il n’y a pas une année qui passe sans que je continue à me former. C’est ce qui me garde dans ma pratique, c’est ce qui m’inspire et m’ancre dans mon enseignement, c’est ce qui me fait vibrer. J’ai des milliers d’heures de formation et des milliers d’heures d’enseignement à mon compteur et pourtant, cette impression d’en savoir moins (peu, serait peut-être plus approprié) est présente. Ne soyez pas alarmés, je ne dis pas cela avec tristesse et inquiétude, je trouve cela au contraire très sain car c’est ce qui me pousse à m’améliorer, à en savoir plus, à ressentir les choses.
Je me rends compte qu’il y a plusieurs étapes dans la connaissance ou le savoir. Au début, on veut absolument avoir la bonne et unique réponse; c’est comme cela et pas autrement. Je le vois souvent chez les élèves qui prennent la formation, il faut que ce soit noir ou blanc. Et c’est tout à fait normal, notre cerveau a ce besoin de recevoir une information tangible, claire et précise. On apprend déjà de nouvelles informations lorsqu’on prend une formation, et si en plus rien n’est précis, cela devient déstabilisant. Si les pieds sont joints en Tadasana, dans la posture de la montagne, alors cela doit être la règle, la vérité pour tout le monde. Mais est-ce si simple? Je vous donne déjà la réponse: absolument pas et c’est ce que je m’efforce d’enseigner à mes élèves.

Je me souviens de ma première sérieuse expérience de yoga. C’était en Inde, à Rishikesh avec ma professeur de yoga Iyengar: Karyn O’Bannon. Elle avait un des plus haut degrés d’enseignement dans le style Iyengar. Elle est malheureusement décédée en 2013. Comme la plupart des professeurs d’Iyengar, sa façon d’enseigner était stricte et disciplinée mais avec en même temps une pudeur touchante et émouvante. Elle m’a donné l’envie de continuer à pratiquer le yoga en 2003 et de continuer à apprendre. J’étais fascinée par sa connaissance du corps et je me disais que si on arrive à avoir une telle connexion et compréhension de notre corps, à savoir même quoi faire avec notre petit orteil, cela devait ouvrir des accès formidables à notre esprit, à son contrôle et créer une harmonie du corps et de l’esprit. Je lui suis si reconnaissante d’avoir eu tant d’influence sur mon parcours.
J’ai eu besoin de ce cadrage, de ces instructions précises, de cette rigueur pour me donner les ailes dont j’avais besoin. Et au-delà de sa précision, elle était un être si spirituel.

Alors au début, on est souvent trop rigide dans nos instructions jusqu’à ce que l’on se rende compte que ce n’est pas si noir ou blanc mais qu’il y a un monde entre les deux où vit d’ailleurs la plupart d’entre nous. Paradoxalement, cette conscience ne peut venir que par le fait de continuer à se former, de continuer à pratiquer. Plus on apprend le yoga et plus on découvre ses subtilités. Ses subtilités corporelles, subtilités d’énergies, subtilités mentales… Le yoga est un sujet si vaste et c’est ce qui me plaît tant! C’est comme les poupées russes sauf que, dans le cas du yoga, cela ne s’arrête jamais. On lève de nouveaux voiles grâce à la maturité de pratique et d’enseignement qu’on acquiert. Et plus on apprend et plus on réalise que l’on a à peine commencé à effleurer la profondeur de certains concepts. Pourquoi? Car dans le Yoga, tout est ressenti, tout est expérience, tout est pratique pour se reconnecter avec soi-même. Et cela nécessite de la patience et du temps. Chaque personne aura un chemin différent, des niveaux de conscience différents, des approches différentes, des sensibilités différentes dans son apprentissage.

Dans son livre « Outlier: the story of success », Malcolm Gladwell explique la règle des 10 000 heures pour pouvoir maîtriser une matière, un sujet ou un art. Ce à quoi d’autres lui ont répondu que ce n’est pas forcément vrai, certains ont besoin de plus d’heures, d’autre de moins. Que tout dépendait de la qualité d’attention avec laquelle ces 10 000 heures étaient acquises. Je suis complétement d’accord avec cette notion de la qualité de notre attention, de notre implication. La philosophie du yoga parle d’ailleurs de ce sujet. Rien ne me fait plus plaisir lorsque des situations ou des discussions de la vie moderne sont confirmées par d’anciens textes. Dans les Yoga Sutra de Patanjali (compilés vers les années 200 av. J.C et 500 ap. J.C), on nous parle du concept d’Abhyasa, qui signifie pratique ou effort. Patanjali nous explique que cette pratique doit être réalisée avec foi, avec tout notre coeur pour faire de plus importants progrès. Cela rejoint complètement cette idée de la qualité d’attention ou d’implication!

Alors je continuerai à apprendre, à me former, à pratiquer toute ma vie avec la même passion et curiosité qui m’animent depuis ces années. Et peut-être que tant que j’aurais l’impression d’en savoir peu, je serais sur le bon chemin car le jour où j’aurais l’impression d’en savoir énormément, mon ego aura pris trop d’ampleur!

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La petit voix dans notre tête

 

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J’ai posté il y a quelques semaines cette photo, prise lors de mon séjour dans les Caraibes, sur Facebook et Instagram accompagnée de cette légende:
« Moi: j’aime cette photo!
La voix dans ma tête: mais tu as vu la céllulite??!!
Moi: oui, je sais…
La voix dans ma tête: tu ne peux pas poster cette photo!!
Moi: je la posterai et je m’accepte telle que je suis et ce, avec ma céllulite!! »

Je ne m’attendais pas à une telle réaction de la part des personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Quelle joie de lire vos réactions et vos commentaires!! J’ai été tellement touchée et émue que j’ai décidé d’écrire un peu plus sur le sujet.

On a tous cette petite voix dans notre tête qui nous dit parfois: tu n’es pas assez, tu n’es pas parfait(e), il te manque ceci pour être meilleur(e), cela pour être aimé(e), et ceci pour réussir et puis aussi ceci pour…(complétez les pointillés). La liste peut être très longue!
Ce sujet me tient à cœur car comme beaucoup, j’ai été victime de la petite voix dans ma tête étant plus jeune: trop grande, trop maigre, trop introvertie… Maintenant, je sais de plus en plus m’en dégager bien que je sois sûre que si vous demandez à mon mari, il vous citera mes insécurités sans hésitation! Est-ce vrai ou est-ce encore la petite voix dans ma tête qui me juge? C’est drôle d’observer comment notre esprit fonctionne!

Mais ce sujet me tient surtout à cœur car je la vois, je la ressens cette petite voix dans la tête de mes élèves: je n’ai pas suffisamment de muscles, je dois perdre du poids, les autres ont des postures parfaites et moi non, je suis trop anxieux(se) pour méditer, trop occupé(e) pour m’asseoir calmement, pas assez flexible pour faire du yoga… Là aussi, la liste est très longue. Se mettre des bâtons dans les roues, se tirer vers le bas, se juger négativement  avant même d’avoir essayé!

Et puis il y a aussi cette petite voix qui parfois, au lieu de nous faire abandonner avant même d’avoir commencé, au contraire, nous pousse trop loin. Si les autres arrivent à faire ces postures alors moi aussi je dois y arriver et je pousserai coûte que coûte ignorant mes blessures et au risque de les aggraver. Une de mes élèves m’a dit dernièrement qu’elle souffre d’arthrite dans toutes les articulations. Malgré ses douleurs intenses, elle m’a confié qu’elle se mettait la pression car si les autres pouvaient faire ces postures, elle aussi devait y arriver. Mais à quel prix? Et pourquoi?
J’aimerais rapeller ici qu’un des principes fondamentaux sur lequel est basé la pratique du Yoga est « Ahimsa » qui signifie absence de violence. Absence de violence envers les autres mais aussi envers soi-même. Et malgrè tout, et peut-être encore plus à New York où la société est très compétitive, de nombreux élèves restent dans un esprit de performance.
Ne pas arriver à accepter que notre corps ne peut plus faire les mêmes choses que dans le passé est aussi à mon avis, un terrain fertile pour la petite voix dans notre tête.

Et puis ce n’est pas fini, il y a aussi la petite voix dans notre tête qui juge les autres. Comme elle est présente elle aussi! J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le commentaire de cette personne sur ma photo qui a dit:
« Ma petite voix a fait exactement comme la votre! Oh elle a de la céllulite, et moi de dire: ah merci de montrer la Vérite, si chère au Yoga! Namaste et encore MERCI! »
J’ai adoré ce commentaire rempli d’honnêteté car il est d’une telle justesse sur la façon dont notre esprit fonctionne. Cette petite voix qui, comme à l’affût, n’attend que la première occasion pour se montrer et commencer son bavardage. Car il ne s’agit que de bavardage et d’un bavardage sans profondeur; la plupart du temps conditionné par la société.

Alors mon conseil pour arrêter cette petite voix dans notre tête est d’abord de l’observer, d’en avoir conscience puis doucement, sans frustration et avec patience, de l’apprivoiser pour ne plus la laisser nous contrôler. Se rendre compte qu’il s’agit simplement d’une pensée, que cela ne nous définit pas, que l’on est bien plus que cela. Et plus on l’observe et l’apprivoise, plus elle paraît dérisoire et futile. Plus on s’en détache et plus on se donne la permission d’être authentique, d’être vulnerable, d’être sincère.

Merci énormément pour votre enthousiasme et vos réactions incroyables!!
Puisque nous avons tous besoin des uns et des autres pour se sentir soutenus, arrivons à être aussi compréhensifs et encourageants avec nos mots et nos réactions dans la vraie vie.

« La vie n’a pas besoin d’être justifiée ou jugée » Don Miguel Ruiz

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Une nouvelle page s’ouvre…

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…mais est-elle si nouvelle? J’ai toujours été fascinée par l’engouement porté au passage de la nouvelle année. J’aime beaucoup la tradition de célèbrer le nouvel an et de se réunir. Ce qui m’interpelle un peu plus sont les résolutions. Comment le fait de passer du 31 décembre au 1er janvier aurait le pouvoir de changer les gens et leur quotidien?

Bien évidemment, je comprends que le changement d’année constitue une transition suffisamment importante pour décider d’un nouveau départ. Je valorise d’ailleurs énormement les personnes qui font la démarche de vouloir changer et prennent des résolutions. Car cette démarche est beaucoup plus difficile qu’elle en a l’air. Elle demande d’avoir conscience de soi et d’être attentif à son corps et à son esprit pour pouvoir changer ce qui nous empêche d’avancer. Mais pourquoi faire cette démarche seulement le 1er janvier?
Le problème avec les résolutions, à mon avis, est le même problème qu’avec les régimes alimentaires. La plupart d’entre nous font des choix de changements trop drastiques et aussi souvent trop nombreux. Il est alors difficile de les tenir car on se sent contraints et parfois punis.

Ce qui me tient plutôt à coeur est un travail de réflexion et d’intention.
Prendre le temps de faire le point objectivement sur l’année écoulée. Les moments de joie comme les moments difficiles; les observer de la même manière. Nous sommes souvent pris par la frénésie de notre quotidien et laissons passer les choses sans vraiment les digérer et les analyser. Ce travail d’introspection est pourtant crucial pour aller de l’avant. Ma pratique de méditation m’aide beaucoup à faire ce travail. Prendre du recul, en faisant un voyage par exemple, est un autre moyen que je trouve efficace.
Une fois cette étape de réflexion faite, alors poser une intention pour cette nouvelle année. En faisant un travail de visualisation. Cela peut être mental, ou par écrit ou par un collage de photos et de mots qui nous inspirent. Quelles sont les choses, personnes, sensations… que l’on aimerait attirer dans nos vie?
Mon conseil est de rester très simple dans notre intention mais aussi très clair. Plus notre vision est claire, plus elle a le potentiel de se réaliser.

L’année 2015 m’a apporté de nombreuses joies et succès mais aussi son lot de tristesse et de situations difficiles. Mais avant toute chose, elle a continué à me montrer ce à quoi j’aspire dans ma vie. Et pour cela, je lui dis merci.

Le sentiment de gratitude est un autre outil au pouvoir très puissant pour garder son intention. Je m’en rends compte de plus en plus tous les jours. Notre esprit a cette facheuse tendance à focaliser sur le négatif ou en tout cas, à surligner le négatif beaucoup plus que le positif. Il est fascinant d’observer que lors d’une journée durant laquelle des dizaines de choses se sont déroulées agréablement, on ne retiendra que la situation qui nous a contrariés. Je suis absolument victime de cette tendance et me rends de plus en plus compte que cela ne tient qu’à moi de changer ma perspective. J’ai ce pouvoir. Je le sais intellectuellement depuis des années mais le mettre en application dans ma vie au quotidien s’est fait progresivement. Cela fait maintenant plusieurs années que je le pratique (certains jours étant plus faciles que d’autres). En remarquant et prenant note des choses positives dans nos vie et en ayant de la gratitude pour celles ci, nous nous sentons plus apaisés mais aussi plus satisfaits, en d’autres termes, plus heureux.

Au mois de décembre, j’ai participé à un « challenge » sur Instagram de « 25 jours de gratitude » qui était organisé par Yogaworks, l’école de yoga où j’enseigne à New York. Je ne prends habituellement pas part à ces challenges sur Instagram qui sont généralement tournés sur des postures physiques car j’estime que l’image du yoga aujourd’hui est déjà beaucoup trop orientée sur le plan physique. Mais ce challenge là m’a interpellée, car plus de gratitude dans notre monde ne peut qu’être bénéfique et peut, je l’espère, donner l’envie à certains d’essayer.
Je partage avec vous ces quelques photos que j’ai prise durant ce challenge: mon mari, un concert au Carnegie Hall, ma pratique quotidienne de méditation, mon oiseau fétiche apperçu à Central Park: le Cardinal.
Vous pouvez retrouvez mes 25 photos et commentaires sur Instagram, IG: celineantoineyoga

Je vous souhaite ainsi une excellente et merveilleuse année 2016!!!
Que votre intention soit claire et que nous adoptions une attitude de gratitude au quotiden.
Avec respect,

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Fluidité et douceur

 

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L’été 2015 fut un grand cru!! Que de bons moments passés: mes classes et cours particuliers dans la majestueuse Shelter Island tous les week-ends depuis mi-juin, un passage dans les montagnes de Sun Valley dans l’Idaho pour enseigner, des ballades sur la plage, une nature simple et époustouflante à la fois…
Je vous fais partager ces quelques photos que j’ai prises durant l’été.

Ce que j’aime le plus avec cette saison estivale c’est que tout le monde semble bien plus décontractés, plus à l’aise dans leur quotidien. Les gens travaillent cependant et moi y compris, mais il y a une aisance, une facilité qui est tellement agréable.
Ce qui me fait me demander si notre environnement est crucial dans notre développement personnel ou est ce que notre esprit est plus fort et peut s’adapter en toutes circonstances?

De mon expérience et de mes études de yoga et méditation, le pouvoir de l’esprit est indéniable et de nombreuses personnes arrivent à dépasser des circonstances peu favorables voire même tragiques grâce à ce dernier. Néanmoins, j’arrive de plus en plus à la conclusion que notre environnement physique mais aussi émotionnel est primordial et fait une énorme différence sur notre capacité de nous épanouir. Je ne parle pas de nous sentir juste bien mais de nous épanouir pleinement jusqu’à atteindre notre potentiel. Cela semble allez de soi vous me direz! Mais combien d’entre nous se retrouvent dans des situations qui ne nous conviennent pas vraiment? Et par habitude, ou peur du changement, nous nous complaisons dans notre immobilité.

Comme le dit si bien Albert Einstein: « La définition de la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ».

Combien d’entre nous ne sont même pas conscients de cette situation et vivent en pilote automatique?
Cette prise de conscience et acceptation demande un processus de quête de soi, une recherche intérieure.

La philosophie du yoga nous aide à nous faire prendre conscience des barrières que l’on s’est érigées, des voiles que l’on a accumulés devant nos yeux en raison par exemple de notre éducation, de nos expériences passées …
Selon les Yoga Sutras de Patanjali, ce travail de recherche intérieur nous permet de nous connecter à notre vraie nature, notre Moi profond: « Purusha », une des clés de notre bonheur.
Alors à l’aube de l’automne, avant de nous replonger dans un rythme effréné, prenons un moment pour nous poser les bonnes questions, faisons un travail d’introspection, écoutons très attentivement les signes, les messages que nous envoient notre corps, notre mental et nos tripes. Faisons les bons choix pour nous aider à garder cette légèreté et aisance estivale mais aussi pour se rapprocher un peu plus chaque jour de notre être intérieur.

Et surtout, ne nous mettons pas la barre trop haute ou tellement de pression que cela nous décourage de faire le premier pas. Cela ne passe pas forcement par un changement radical de vie, cela peut être réaménager son appartement, voir plus ses amis, communiquer de façon plus saine avec la persone qui partage notre vie, commencer une activité qui nous nourrisse de l’intérieur…
Pour moi, cela commencera par ne pas laisser mon emploi-du-temps trop empiéter sur ma vie sociale.

Que cette transition vers l’automne se fasse toute en fluidité et douceur.
Namaste,
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Strasbourg versus New York

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Un sentiment de gratitude

Je viens de rentrer à New York apres avoir passé sept semaines à Strasbourg pour y enseigner une formation Yogaworks de professeurs de yoga de 300 heures.

Ce fût une expérience formidable d’avoir l’opportunité de redécouvrir le rythme et l’ambiance française après 15 années de vie new-yorkaise.
Je voulais partager avec vous une liste non exhaustive des petites différences qui m’ont interpellée durant ce séjour:

. le calme des rues; même les sirènes de pompier ou de police semblaient être de la douce musique comparées à celles de New York!

. les gens qui ne regardent pas leur téléphone portable en marchant ou au restaurant. Et donc qui se regardent dans les yeux et en profitent pour vous faire un peu de charme dans la rue.
A New York, tout le monde a la tête collée à son téléphone et les accidents entre piétons ou pire, avec les voitures en traversant la rue ne sont pas rares!

. ne pas avoir à prendre de métro pour me déplacer: quel luxe! J’ai eu la chance de rester dans un appartement situé à 5 minutes à pied deYogamoves, là où j’enseignais. Mon activité à New York me conduit à prendre le métro de nombreuses fois par jour pour aller enseigner mes cours collectifs et particuliers. Et même si je suis reconnaissante de pouvoir me déplacer si facilement à New York grâce au métro, je regrette son niveau de décibels et les retards incessants.

. les français qui ne répondent pas à leurs e-mails dans l’heure où la journee mais peuvent prendre plusieurs jours ou semaines avant d’adresser votre question. Etant imprégnée de l’efficacité américaine, cette habitude là a pu me destabiliser quelque peu au début. Mais je me suis finalement rendue compte que la plupart des français ne mélange pas leur vie privée et professionnelle. Ce que je valorise énormément! Ici à New York, il n’y a plus de distinction entre vie privée et professionnelle. Les gens repondent à leurs e-mails à toute heure, sont sans cesse disponibles engendrant un stress croissant dans leur vie. Alors restez comme vous êtes et je prendrai mon mal en patience!

. les yogis français bien moins raides dans leurs fléchisseurs des hanches que les américains! Quelle différence! Une des raisons est que les américains passent beaucoup de temps assis devant leur ordinateur au travail ce qui contracte chroniquement ces muscles. Il y a aussi beaucoup de coureurs à New York et ces muscles sont extrêmement sollicités.

. les deux, trois kilos que j’ai pris! Je me suis laissée aller à retrouver certains goûts de mon enfance…

. difficile de manger au restaurant si on ne mange pas de produits laitiers. Dans le pays de la gastronomie, le beurre et la crème sont rois. Je ne mange plus de produits laitiers depuis 18 mois. A New York, je trouve facilement des restaurants qui cuisinent sans produits laitiers ou qui sont prêts à changer leur recette pour moi. Mais à Strasbourg, c’est compliqué! Le beurre fait tellement partie de la culture que les serveurs ne savent pas, bien souvent, que les plats en contiennent. Un d’entre eux m’a suggeré de prendre le dessert au caramel au beurre salé!

. le manque de magasins proposant des jus frais ou pressés à froid. A New York, ils ont poussés comme des champignons ces dernières années. Il est difficile de marcher quelques rues sans en voir un. Leur succès est phénoménal. J’en bois régulièrement ici entre deux cours.

. les incohérences du service à la française dont j’ai fait les frais avec entre autres, Air France et la SNCF. Je vous passerais les détails mais je suis toujours interloquée de voir comment on essaie de vous rendre responsable d’une erreur qui vient en fait de leur organisation. Aux Etats-Unis, le client est roi et la notion de service fait partie de la culture américaine. Ils feront donc tout en leur pouvoir pour débloquer la situation en votre faveur surtout s’ils sont responsables de la situation.

. Le style vestimentaire des français, la classe inée française. Que c’est agréable de voir des gens bien habillés et coquets. Le pantalon de yoga n’a pas encore envahi les trottoirs français!

Il y aurait encore bien des choses à rajouter mais au final, j’aime et me sens à l’aise dans ces deux cultures et je suis si reconnaissante de pouvoir passer de l’une à l’autre aussi facilement.
Je voudrais remercier tous les élèves qui m’ont accueillie si chaleureusement durant mon séjour. Que se soit les élèves de la formation, les élèves des cours collectifs et particuliers que j’ai enseignés. Vous m’avez permis de me sentir comme à la maison et cela n’a pas de prix. Merci énormement!!!
Les transitions à l’arrivée en France et en rentrant à NY se sont faites toute en douceur et avec beaucoup de fluidité. Et pour cela aussi, je suis reconnaissante. Reconnaissante d’avoir le yoga dans ma vie qui me permet de rester présente, centrée, ancrée quelque soit l’endroit où je me trouve.
« Hatha Yoga Anushasanam »: la pratique du yoga est ici et maintenant.

Namaste,

 

 

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Harmonie

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 Une année pleine d’harmonie et de compréhension

 

Je trouve enfin le temps de m’asseoir et d’écrire ma newsletter…
La période des fêtes est toujours très occupée et le début de l’année a commencé sur les chapeaux de roues. Je n’ai jamais vraiment aimé cette période de l’année car, lorsque j’étais enfant, mon frère et moi passions Noël loin de nos parents.

Ils étaient propriétaires d’une pâtisserie dans les Vosges et mon père confectionnait gâteaux, croissants, chocolats, glaces, petits plats salés… J’imagine à quel point cela doit mettre l’eau à la bouche à certains d’entre vous! Et moi aussi, j’ai adoré ce délicieux environnement. Mais même si j’étais heureuse de grandir entourée de sucre, mon frère et moi ne pouvions fêter Noël avec nos parents car c’était leur plus gros jour de l’année avec le jour du nouvel an.

Cependant, depuis quelques années, je me suis mise à apprécier de plus en plus l’esprit de cette fête. Je crois que ce que j’aime le plus est les lumières et la sensation chaleureuse et confortable que dégage Noël. Nous sommes tellement occupés tout le temps que cela fait du bien de ralentir et de partager du temps avec les personnes qui nous sont chères.
Pour le réveillon du nouvel an, mon mari et moi avons voulu commencer la nouvelle année avec intention et clarté. Nous sommes donc allés au centre de méditation « New York insight meditation center » de 21 heures à minuit et demi pour acceuillir 2015 avec profondeur et sens. Je crois fortement dans le pouvoir de nos pensées et comment elles affectent notre réalité quotidienne. Avoir eu l’occasion de passer cette fête à méditer avec des gens ayant la même sensibilité fût une expérience formidable.

La semaine qui a suivi le nouvel an, j’ai demandé à mes élèves de choisir un mot qui définirait leur année, qui serait leur thème pour 2015. Il s’agit d’un exercice si simple mais tellement puissant. Le mot que j’ai choisi est HARMONIE. Je ferai de 2015 une année harmonieuse à chaque niveau de ma vie et pour les personnes qui m’entourent.
Je reviens au pouvoir de nos pensées; je crois en définir une intention, la porter clairement dans son coeur et dans son esprit pour qu’elle puisse devenir réalité. Depuis le 1er janvier, chaque fois que j’ai senti qu’un conflit pouvait surgir ou qu’une situation pouvait me destabiliser, je me rappelais ce mot: harmonie. Tout de suite, le cercle vicieux de mes pensées s’arrêtait et mon comportement changeait.
Dans la philosophie des Yoga Sutras de Patanjali, cela s’appelle la technique de « pratipaksha bhavanam » (sutras 2.33 et 2.34). Elle nous explique d’inviter des pensées positives lorsque notre esprit devient négatif. Cela aide à éliminer les pensées présentes dans notre esprit que nous ne souhaitons pas ou qui ne sont pas saines pour nous.
Une autre façon de contrôler des pensées non souhaitées est de considérer le principe de cause à effet. Si les pensées sont la cause et l’expérience est l’effet, alors, on nous demande de considérer les effets que nos actions, pensées et mots pourraient avoir. Seront ils positifs ou négatifs?

Bien sûr, alors que je choisissais le mot harmonie, je ne me doutais pas que mon pays serait victime d’une attaque terroriste et que plus de 2000 innocentes personnes seraient tuées au Nigeria par le groupe Boko Haram? Alors, que fait on maintenant?
Je crois plus que jamais que l’harmonie, la compréhension et l’amour sont les réponses. Nous avons le devoir de comprendre que nous sommes tous pareils et que c’est seulement en se rassemblant que nous créeront cette harmonie. L’amour est toujours la réponse quoi qu’il arrive. Diffusons le chaque jour sans se demander si cela est suffisant car cela fait toujours une différence au bout du compte.

« Je crois fortement que l’amour est la réponse est qu’il peut réparer même les plus profondes blessures qui sont invisibles. L’amour peut guérir, l’amour peut consoler, l’amour peut renforcer, et oui, l’amour peut engendrer des changements » Somaly Mam

Je veux vous souhaiter une année magique et sereine. Que vous ne connaissiez pas de souffrances.
Avec Amour,

Namaste

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Saison et Inspiration

 

 

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SAISON

L’automne s’est bel et bien installé et avec lui, le vent et les températures plus fraîches. Bien que le changement de couleurs des feuilles sur les arbres me touche par sa poésie et son romantisme, cette saison est loin d’être ma préferrée. De par mon expérience et mes connaissances en Ayurveda (la science médicale indienne), cette saison a la capacité de me fragiliser tant physiquement qu’émotionellement: peau sèche, lèvres gercées, fatigue, stress et anxieté plus prononcés …
Au fil des années, j’ai appris à reconnaitre ces symptômes et à me protéger. En effet, une des conséquences de pratiquer le yoga régulièrement est de savoir mieux s’écouter, être attentif à son corps et à ses besoins.
Voici quelques gestes quotidiens qui me permettent de prendre soin de moi, de me recentrer et de mieux vivre cette saison de transition:

. m’habiller chaudement surtout au niveau de la taille et du cou.

. boire/manger des boissons et des aliments chauds. Il est important de s’hydrater et de se réchauffer de l’intérieur pour augmenter son métabolisme.
Par exemple, si vous mangez des céréales le matin avec du lait, faîtes le chauffer. Depuis que je chauffe mon lait d’amande le matin, je n’ai plus de sensation de sécheresse dans la gorge.

. ne pas boire de boissons cafféinées qui accentuent l’anxiété et le stress. J’ai arrêté depuis un an et demi de boire thés et cafés car ces boissons me déshydatraient beaucoup trop.

. boire beaucoup d’eau mais jamais glacée, toujours à temperature ambiante.

. garder ma peau hydratée avec des crèmes bio.

. passer de longues nuits réparatrices.

. garder mon téléphone éteint pendant une bonne heure après mon lever.

. méditer quotidiennement pour me centrer et me donner plus de clarté d’esprit. Personnellement, j’ai une pratique quotidienne de 20 minutes.

. pratiquer beaucoup de postures debout qui enracinent et recentrent. Elle permettent de faire un travail sur le premier chakra là où sont situées nos racines.
Je vous souhaite de vivre cette automne avec beaucoup d’aisance et de bien-être.
Prenez soin de vous!!!

 

 

 

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INSPIRATION

« C’est un pur et simple fait que la planète n’a pas besoin de plus de personnes qui « réussissent ». Elle a désespérément besoin de plus de pacifistes, de guérisseurs, de personnes qui restaurent, de conteurs, et d’amoureux de tous types et formes. Elle a besoin de personnes qui vivent bien là où elles sont. Elle a besoin de personnes avec une morale courageuse près à se battre pour rendre le monde habitable et humain. Et ces besoins ont très peu avoir avec le succès tel qu’il est défini par notre culture » David W. Orr
Je ne peux qu’être en accord avec cette citation. Et le besoin devient de plus en plus urgent avec chaque jour qui passe.
Parfois, j’ai peur lorsque je vois que nos priorités sont complètement fausses.
La façon dont nous valorisons l’argent plutôt que la bonté et la compassion; la façon dont nous adorons des stars de télé réalité plutôt que de comprendre et supporter notre communauté; la façon dont nous détruisons notre Terre dans le but de faire toujours plus d’argent; la façon dont les industries alimentaires et pharmaceutiques décident de ce que nous devons manger et nous nourrissent de médicaments au lieu de promouvoir un style de vie sain dans lequel la nourriture et le mouvement sont les médicaments; la façon dont les personnes qui travaillent tous les jours avec passion et loyauté arrivent à peine à en vivre alors que d’autres font en une journée leurs salaires annuels; la façon dont nous tuons au nom de la religion ou pour s’approprier un morceau de territoire…
Que nous est-il arrivé?

Je crois que la réponse est dans l’éducation.
Apprendre la conscience de soi et la conscience des autres, la compassion, la bonté, la méditation, le mouvement, la nutrition, le jardinage, s’occuper de sa famille, est tout aussi important si ce n’est plus que toute autre matière étudiée à l’école.
Et même si beaucoup de choses restent à changer, j’ai la FOI car je vois ces thèmes être une préoccupation pour de plus en plus de personnes.
Je vois des parents éduquer ces valeurs à leurs enfants, je vois de plus en plus d’intérêt dans les philosophies orientales et une volonté de changement de la part des populations.
Et cela me donne de l’espoir pour un meilleur futur; pas un où le succès est basé sur le montant d’argent que l’on fait, mais sur la façon avec laquelle on mène une vie harmonieuse les uns avec les autres tout en respectant la Terre.
Nous devons réaliser que nous sommes dans cette situation tous ensemble et que même la plus petite des actions peut profiter à son prochain car nous sommes, sans aucun doute, à grande échelle, UN.

 

 

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