NAVIGUER AVEC LE CHANGEMENT

 

Après un cours avec des élèves au studio Yogaworks.

La fermeture du studio Yogaworks situé Upper West Side à New York en novembre dernier m’a conduite à beaucoup réfléchir à la notion de changement. Ce n’est pas la première fois que je vis la fermeture d’un studio ou un grand changement dans mon emploi du temps, mais celui-ci m’a vraiment impactée émotionnellement car c’était ma deuxième « maison » depuis 13 ans. C’est là que j’ai suivi mes formations d’enseignante, c’est là que j’ai eu l’opportunité de donner mon premier cours et je n’ai jamais cessé depuis, c’est là que j’ai rencontré certaines de mes très bonnes amies, c’est là que j’ai rencontré des enseignants incroyables et inspirants, c’est là que j’ai fait la connaissance d’étudiants extraordinaires et qui ont continué à venir en classe après toutes ces années, c’est là où j’étais 5 jours par semaine … C’était donc un grand chamboulement.
Quand j’ai appris la nouvelle pour la première fois, je l’ai étonnamment bien accueillie. Après avoir étudié le yoga pendant tant d’années, s’il y a une chose que je sais et que j’ai apprise, c’est que tout change constamment. En fait, la seule constante est le changement. J’ai donc tout simplement compris pourquoi Yogaworks avait besoin de fermer.
Mais les jours suivants, alors que je continuais à enseigner au studio, la nouvelle m’a vraiment affectée. Et ce qui me rendait le plus triste, ce n’était pas de perdre l’espace ou mes 5 cours, mais la communauté.
Quelle communauté s’est construite là-bas au fil des années! Beaucoup d’élèves se connaissaient, la plupart se sont rencontrés là-bas et ont noué des liens solides. Il y avait un sentiment de famille et de bienveillance que je n’ai vu nulle part ailleurs. Et pour moi, c’était le plus difficile à abandonner. Comment pouvons-nous perdre cela?
Car finalement, c’est ce qui compte le plus: les gens et ce sentiment d’appartenance auquel nous aspirons tous tant.
À l’époque, l’une de mes élèves m’a dit que c’était comme si une église fermait ses portes.
Il y a quelques jours, une autre élève m’a dit que ce qui lui manquait le plus, c’est le «lounge area» où on pouvait discuter avec d’autres personnes avant ou après le cours sans se sentir pressés.
Tout revient à ce sentiment d’appartenance, de partage, d’avoir une expérience humaine plutôt que virtuelle.

Les jours et les semaines qui ont suivi la nouvelle ont été occupés par la recherche d’une solution pour que cette communauté reste forte. Beaucoup d’enseignants ont commencé à chercher d’autres alternatives, à essayer de louer un espace dans le quartier pour accueillir leurs étudiants. C’est aussi ce que j’ai fait. À ce moment-là, même si le studio n’était pas encore fermé, j’avais digéré la nouvelle de la fermeture et, d’une certaine manière, j’étais prête à passer à autre chose.
Je suis heureuse d’annoncer que j’ai trouvé un bel espace sur la 72ème rue que je loue tous les lundis et mercredis matins: World Yoga Center. Cet endroit existe depuis 45 ans, alors laissez-moi vous dire qu’il y a une énergie palpable dans cet espace pleine de respect, d’amour et de spiritualité.
Et pour mes étudiants du samedi, j’enseigne maintenant àZYoga, qui est également idéalement situé sur la 72ème rue. C’est un très joli studio rempli de tonnes de soleil.

Et puis, le jour de la fermeture est arrivé et j’ai enseigné mon dernier cours le samedi 24 novembre. J’avais redouté ce jour-là car je savais que je serai émue et qu’être présente pour les élèves et les laisser avoir leur propre expérience alors que moi aussi j’étais affectée par la situation peut être difficile. Mais ce cours était si beau. Je me suis finalement sentie légère et heureuse. Tout d’abord, j’étais tellement touchée que 60 élèves soient venus participer à cette classe le week-end de Thanksgiving (un des plus plus importants week-end férié aux USA). Mon mari m’a également surprise en venant au cours et était là pour me soutenir. Ce sont en fait les élèves qui m’ont encouragée par leur présence et leur reconnaissance. Il y avait un tel sens de gratitude pour toutes les classes qui ont eu lieu là-bas, pour tous les enseignants. C’était un rassemblement très fort, très profond rempli d’intention et de receuillemment.


Mon dernier cours à Yogaworks upper west side.

Le lundi suivant, je commençais mes nouvelles classes dans l’espace que je loue désormais.
Bien que j’ai appréhendé cette transition, elle fût très limpide, facile et je suis extrêmement reconnaissante envers mes élèves qui m’ont suivie.
Cela fait maintenant un mois que j’enseigne mon nouveau planning et d’une certaine manière, j’ai l’impression que ça fait beaucoup plus longtemps, presque comme si rien ne s’était passé.

Je sais pertinemment que les transitions sont difficiles et un challenge pour moi. J’en ai vécu quelques unes dans ma vie et ça ne s’est pas toujours bien passé (surtout quand je pensais encore que tout est fait pour rester pareil!). Maintenant, je suis bien plus à l’aise avec les transitions bien qu’elles restent une source de stress pour moi. Mais, j’ai remarqué qu’en fait, ce n’est pas tant la transition qui m’inquiète mais surtout l’inconnu. Bizarrement, j’aime le changement, mais cela ne me vient pas facilement parce que mon esprit part dans ses pensées: « mais attends, et si …? », « et si cela se produisait..? », « et si tu n’y arrivais pas, et que tu n’es pas heureuse …? » Ne pas savoir si cette transition est pour le meilleur ou pour le pire est la partie stressante. Et pourtant, c’est dans l’inconnu que résident toutes les possibilités; pas quand nous sommes coincés ou fixés dans une façon de faire ou un schéma de penser.

La plupart du temps, une fois la transition terminée, tout va bien. Je trouve de nouveaux moyens, je m’adapte, je me réorganise. Mais ce moment d’inconnu, entre la prise de connaissance de la nouvelle et ne pas savoir exactement ce qui va arriver, est le moment effrayant pour moi.
Et il s’est avéré que c’est exactement ce qui s’est passé cette fois encore; j’allais bien quand j’ai appris la nouvelle, puis j’étais stressée quant à l’inconnu et maintenant que j’enseigne mes nouvelles classes, c’est quasiment comme si il ne s’était rien passé.
Je suis toujours très impressionée par la capacité humaine de résilience et de s’adapter.
Je ne dis pas que Yogaworks Upper West Side ne me manque pas car ce lieu me manque, mais j’ai commencé un nouveau chapitre dans mon enseignement.

Je me sens extrêmement chanceuse et reconnaissante d’avoir eu l’occasion d’enseigner là-bas pendant tant d’années. Cet endroit restera avec moi et dans mon coeur pour le restant de ma vie.

Comme toujours, merci de me lire.
Namaste,

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