L’impermanence des choses

Il y a un peu plus de 10 ans, j’enseignais ma première classe collective officielle. Ci-dessus, est une photo de la séquence que j’avais écrite pour cette classe.
J’étais terrifiée!!
J’étais principalement terrifiée de me tromper et surtout j’avais peur de me sentir rejetée. Et si les students ne m’aiment pas, ou qu’ils ne comprennent pas mon accent, ou que l’alignement de mes postures n’est pas optimal, et si j’oublie des instructions, ou que je ne sais pas comment aider les élèves avec des limitations ou des blessures…? La liste pourrait continuer.

Il est intéressant de remarquer que toutes ces peurs étaient purement basées sur moi. MOI, n’étant pas capable ou n’étant pas assez. Je me souviens d’un excellent conseil que mon mari me donna: « tu es là pour faire du bien à tes élèves et pour les aider. Concentre-toi sur cela et tu ne peux pas te tromper ». Bien sûr, à I’époque, ceci était plus facile à dire qu’à faire pour quelqun qui a essayé d’être discrète toute sa vie. Mais ce conseil est si important car le Yoga est basé sur le partage, l’union, l’intégration.
Avance rapide: dix années plus tard, la sensation de terreur a disparue (heureusement!). Même si je suis toujours un peu nerveuse parfois, surtout à l’approche d’un nouveau projet. Mais aujourd’hui, j’ai appris à apprécier cette sensation car comme me l’a fait remarqué un ami: « tu es anxieuse parce que tu veux donner le meilleur à tes élèves ». Et c’est vrai; mes élèves et mon enseignement sont très importants à mes yeux. J’aime ce que je fais.

Lorsque j’ai commencé à pratiquer le Yoga en 2002 à New York, je fus immédiatement attirée par la pratique physique. Puis, en 2003/2004, mon mari et moi sommes partis voyager pendant 8 mois en Asie du Sud-Est et nous nous sommes arrêtés quelques semaines dans un ashram à Rishikesh, en Inde. Les professeurs que nous avons rencontrés sur place étaient extraordinaires!! Je suis littéralement tombée amoureuse de cette pratique. Je compris alors que le Yoga était bien plus que la pratique physique. J’ai eu la chance de découvrir la méditation, les pranayamas, les kriyas et le chant grâce à une professeur indienne, qui est la femme la plus spirituelle que je connaisse. Tout cela était si impressionnant pour moi. Une philosophie si ancienne et pourtant les yogis connaissaient et avaient déjà tout compris sur la vie. A l’opposé, dans nos sociétés soi-disant modernes, on semble s’éloigner de plus en plus des enseignements fondamentaux; se sentant souvent déconnectés et au bout du rouleau. Ce fût une révélation pour moi de trouver une pratique, une discipline, une philosophie de vie si holistique.
Je ne voulais pas enseigner à l’époque mais je suis retournée dans cet ashram l’année suivante pour faire une formation de professeurs car j’avais le désir profond d’en savoir plus, de mieux comprendre.
Une formation de professeurs de Yoga en Inde et deux formations à New York plus tard, je n’avais toujours aucun désir d’enseigner mais ma soif d’apprendre était de plus en satisfaite.

Un jour, j’ai finalement accepté une offre d’enseignement après en avoir refusé quelques unes, et je n’ai jamais cessé depuis!
Ma pratique a évolué au fil des années. Je n’ai jamais été une personne compétitive et bien que les postures difficiles me séduisaient et que je prenais beaucoup de plaisir à les faire, j’étais aussi à l’aise avec le fait de ne pas être capable de tout réaliser.
De plus, je me suis rendue compte au fil des années que j’avais des limitations structurelles dues à ma scoliose. Après avoir ignoré pendant un moment les signaux que m’envoyaient mon corps (en raison d’un manque de conscience et de connaissance de ma condition et du fait que les professeurs avec lesquels je pratiquais n’étaient pas formés à cette condition), j’ai aggravé les choses et j’ai commencé à ressentir de la douleur. Jusqu’à ce que je trouve ce studio de yoga exceptionnel: Yoga Union qui est spécialisé dans la scoliose et les problèmes de dos. Là-bas, j’ai appris à comprendre ma scoliose et à prendre soin de moi.

Depuis, ma pratique physique est plus respectueuse envers mon corps. Je connais mes limites. Je ne pratique pas le Yoga pour impressionner avec mes postures ou obtenir des « j’aime » sur les réseaux sociaux. Je pratique le Yoga parce qu’il nourrit mon corps et mon âme. Ce qui m’intéresse est de tourner ma conscience vers l’intérieur, d’écouter. Peut-être qu’en prenant de l’âge je fais plus attention. Peut-être pas. Mais ce qui m’intéresse réellement c’est la connection entre le corps et l’esprit. Aujourd’hui, ma pratique de méditation est aussi importante ou même plus sacrée que ma pratique physique.

La raison pour laquelle je partage tout cela avec vous est parce que tout est impermanent dans la vie. Tout; sans exception. Le mal, le bien, le douloureux, l’agréable…
Ma pratique a changé au cours des années et continuera de changer.
Nous devons savoir accepter cette impermanence pour se sentir en paix dans notre vie; autrement nous devenons trop attachés aux choses, aux personnes et nous en souffrons. L’impermanence est un des grands enseignements de la philosophie du Yoga.
La vie suit son chemin, la mort surgit, les saisons changent, les joies et les peines vont et viennent…
C’est exactement la raison pour laquelle la vie est si belle et si précieuse car elle est fragile et éphémère.

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